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Saint-Aubin-les-Elbeuf prend le large 

dans la CUTTY SARK 2003

 

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.n Le Journal de Bord n n.n n n.n n n.n n n.n n n n n n.n n n.n n n.n n n.n n n n n.n n n

Les jeunes embarqués sur la Tante-Fine nous ont envoyé régulièrement de leurs nouvelles à travers un "Journal de Bord". Nous vous proposerons de partager leur aventure en Mer Baltique et vous souhaitons une bonne lecture ...

n JOURNAL DE BORD - CUTTY SARK 2003 n

n Lundi 14 juillet

Il y a plein de monde sur le bateau, les 2 groupes qui se préparent pour le changement d’équipage, des journalistes, … Vers 11 heures, les gars de Bazire  débarquent leurs sacs pendant que les jeunes embarquent les leurs. Jean-Luc remet le relais à Amadou. On ne garde que les jeunes sur le bateau et en route pour les courses de midi. Casse dale vite fait avec les remarques habituelles : c’est quoi ce pays ! Y’a même pas du pain en baguette, déjà que ce matin on a été obligé de se taper du fromage au petit dej ! Ah, ces Allemands ! L’après midi un groupe part à la piscine les autres au Lidl pour faire les apros. Le soir c’est impeccable, on est invité à bouffer sur le Norden, y’a rien a faire. Un bon gros barbecue ça fait du bien.

n Mardi 15 juillet

Comme prévu départ à 9 heures. Les jeunes ne vont pas s’en remettre, ici c’est le bagne, on ne leur a même pas laissé plus d’une heure pour bouffer leurs tartines de Nutella. Les gars de Bazire  sont là pour nous dire au revoir, ils embarquent sur le Norden et nous accompagnent jusqu’au ponton gasoil. 400 litres plus tard, c’est le vrai départ, route sur la Pologne. Moteur pour sortir de la baie puis on envoie toute la toile. Le vent de face, mais bon c’est pas très grave on a 4 jours pour arriver à Gdynia. On tire des bords pour essayer de sortir de la baie. Le vent est assez irrégulier. En bas ce n’est pas la grande forme. C’est Jafhar qui dégaine le premier. Marmotte ne va pas très bien lui non plus. Le King Amadou nous fait une remontée rapide de la descente avant. Vers 23h30 on affale le foc et la trinquette et on fait route au moteur. Demain on devrait remettre à la voile vers 6h.

n Mercredi 16 Juillet             

La nuit n’a pas été de tout repos. Le vent continue de venir de l’est. Marmotte a eu un quart difficile avec beaucoup de cargos et de ferries. Pointage à 6h. C’est toujours pas mieux. Les estimations d’hier nous donnaient une arrivée le 28 juillet en Pologne donc on continue au moteur. A l’intérieur c’est  pas la forme royale pour la plupart. A midi on prend la décision de faire route sur Bornholm, une île Danoise qui est a 60m devant nous. On serra a mi-chemin de Gdynia et une nuit au calme fera du bien à tout le monde .En attendant on va se faire des pâtes, histoire de caler les estomacs. Au fur et à mesure qu’on s’approche de l’île, la mer se calme et à 19h30 on rentre au port de Ronne. On se met a couple d’une belle goélette suédoise « Atene ». A peine arrivés, ils nous font visiter leur bateau. Entièrement refait à neuf, elle fait 34m de long et est carrément superbe. Les roofs sont en aluminium  doublé de pin d’Oregon avec une isolation pour les hivers nordiques et un système d’incendie digne d’un parking souterrain. Ils nous passent l’eau, l’électricité et même leur reste de chili con carne. Asterix leur donne une bouteille de champagne que nous avait donnée le Renard au départ de Rouen, comme ça, tout le monde est content. On se fait un bon repas, puis c’est la séance douche. Comme on est assez loin de tout, les jeunes ne traînent pas longtemps  C’est pas pour ça qu’ils acceptent de se coucher de bonne heure ! On verra demain matin !

n Jeudi 17 Juillet

Lever 8h30, ça traîne un peu. Petit dej'  qui dure un peu trop au goût du capitaine. Amadou qui n’est pas encore levé sera de corvée de chiottes. Il râle pas mal, mais finira par le faire et même plutôt bien. On distribue du boulot à tout le monde et, ma foi, c’est dans la bonne humeur que ça avance. On fait même de la peinture et du vernis. A midi, l’équipe de Maud  prépare un riz poisson crevette qui n’est pas sans rappeler celui de Marmotte à Travemunde. On appareille à 14h15 avec une arrivée prévue dans 25h. Le peu de vent est toujours de face. Le rythme reprend à bord avec vautrage habituel et séance chansons à la barre. Il fait beau et a terre il faisait très chaud, voire lourd. Mme le comandant de port nous avait bien dit que la météo annonçait des orages venant par le sud. C’est sur le quart de Marmotte que ça se précise. Sur le radar on a une tache de 15m vers laquelle on s’avance à 7nds. L’équipe se grée, surtout Souhail qui prend ce qu’il y a de mieux sans se soucier des autres. Le ciel est zébré d’éclairs que Marmotte essaie de filmer. Chaque fois qu’il arrête la camera, y’en a un énorme. En fait, il tombe quelques gouttes et c’est tout. La nuit est très courte et à 4h il fait déjà bien jour. Il faut dire qu’on est par 55° de latitude Nord.        

n Vendredi 18 Juillet

La terre Polonaise est déjà visible à 5h du matin. A 8h30 on est par le travers du cap Rozewie. Ensuite on fera route sur Mierzeja Helska, puis sur Wrzeszcz  et enfin sur Gdynia, où on devrait arriver vers 14h30.

Une heure avant l’arrivée on demande à tout le monde ses papiers d’identité pour que Asterix puisse remplir les formalités. Bien sûr il faut que quelqu’un ait perdu les siens sinon, ce n’est pas drôle. Et au grand étonnement de tout le monde, ça tombe sur Amad. « J’ai perdu mon passeport, je vous jure, je l’ai perdu », branle bas de combat pour trouver une solution. Et ta carte d’identité ? : «j'l’ai perdu j'vous jure». Après 3 heures de téléphone on finit par se faire communiquer son numéro, il va falloir se débrouiller avec ça.

Effectivement on arrive à Gdynia à l’heure prévue. Il n’y a pas encore grand monde mais on doit se mettre à couple d’un bateau 5 fois plus léger que nous, comme ils insistent, on le fait. Mais au bout d’une heure, les amarres travaillent trop et Asterix décide de bouger sans rien demander à personne. On se met sur le ponton d'à coté, ça palabre pendant des heures mais on fait traîner, on ne bougera pas. Après cette arrivée un peu éprouvante pour les nerfs on se met à la bouffe, ce soir ce sera pizza. On invite nos agents de liaison (Roxane et Marta) à bouffer. Le soir quartier libre.

n Samedi 19 Juillet

On ne peut pas dire que tout soit facile. Pour le gaz oïl c’est au moins difficile, au pire impossible, pour l’eau c’est à voir, pour la place c’est à discuter. Qu'importe on fera quand même, mais c’est du temps perdu et beaucoup d’énergie pour rien. Pierrot a branche la rallonge électrique 9 fois. Alors on déplace le bateau d’un endroit à un autre, on finira bien par trouver notre place. Pour la troisième fois en moins de 24 heures les douaniers débarquent pour un contrôle. Asterix sort le trophée, ils sont tout fous et veulent être prit en photo devant, pas de problème. On finit par trouver notre place, c’est celle du début, à couple de Anya. Ils nous on eu a l’usure, 24 heures de parlote pour rien. Par contre cette fois il y a Excelsior en plus à couple de nous. A midi Pierrot et Asterix étaient invités à manger sur Zenobe Gramme, au menu steak frites (mais des vraies frites belges cuites dans du blanc de bœuf). Ensuite, tout l’équipage débarque à bord pour faire une photo avec le trophée et nous.  L’après midi, quartier libre, Ayoub, Amad, Momo … croisent un bus publicitaire (pour je ne sais pas quoi) avec des filles qui dansent sur le toit. Ils se débrouillent pour ce faire inviter à danser dessus. Pour le style, ils ont acheté des gros cigares qu’ils fument en dansant. De retour au bateau ils sont super fiers, il est impossible d’échapper à la vidéo de leurs exploits qu’ils montrent en boucle à tout le monde. A mon avis, dans dix ans, ils en parleront encore. Pierrot rentre au bateau un peut amoché. Il est tombé entre Tante-Fine et Anya. Il a le bras bien râpé et il est très remonté contre l’équipage d’à coté : «ils m’on vu entre les 2 bateaux en train d'hurler HELP ME, HELP ME et ils rigolaient dans leur carré, ils sont jamais venu m’aider ». Le soir après le repas (patates sautées, dinde, crème fraîche) quartier libre à nouveau.

n Dimanche 20 Juillet

On n’a plus une goutte d’eau dans la cuve et le prochain plein n’est possible que lundi soir à priori. Il va encore falloir trouver une solution. A mon avis on va avoir du mal à appliquer la technique de Orsa Magiore : téléphoner à l’ambassade d’Italie et dire que si on n’a pas l’eau dans une heure on part de Gdynia. On finit quand même par avoir de l’eau dans l’après midi. Il y a une scène à coté du bateau sur laquelle les équipages peuvent faire un spectacle. Mohamed fait une démonstration de kung-fu et Jahfar, Ayoub et Souhail enchaînent avec un spectacle de danse du ventre déguisés en femme. Ca a un certain succès, surtout pour Mohamed qui a impressionné 3 polonaises à qui il donne rendez-vous.  On enchaîne immédiatement sur la crew parade et ça commence fort. Souhail s’énerve sur la darbouka et Ayoub nous refait la danse du ventre avec un gros cigare aux lèvres. Mohamed tient le drapeau français bien haut et Mathieu la pancarte «Tante Fine France». Les gens ne sont pas habitués, y’en a qui ont demandé sérieusement à Amad où était le bateau Africain, on bouleverse leurs repères. On est aussi le seul bateau avec un chien qui défile. L’ambiance est très sympa et les gens applaudissent sur notre passage. On est fiers de nos gars. La parade se termine devant la scène avec la remise des prix du sport. Au bout de 20 minutes on décide de rentrer au bateau et juste à ce moment là on entend «Tante-Fine», on ne sait pas ce qu’on a gagné mais tous les jeunes se précipitent vers la scène avec la flamme normande et le drapeau français. D’après les agents de liaison, selon les versions, c’est pour l’ambiance pendant la parade ou pour les spectacle de Kung-fu / danse du ventre. Dans la foule on entend parler français, c’est une colo de gamins de la région parisienne, on les invite à venir visiter le bateau. Il y a aussi les parents de Roxana qui viennent  visiter.  Le soir c’est la crew party, impec pour nous, pas de bouffe à préparer, pas de vaisselle … On marche tous 30 min à pied avec notre collier Colson au bras (c’est le système qu’ils ont trouvé pour identifier les marins) pour rejoindre la crew party. Arrivé là-bas, il y a un grand feu au milieu d’un champ, de la bouffe et à boire. Au menu soupe bien grasse avec de la saucisse de porc et tartines de rillettes de porc (très bon au demeurant). Les six musulmans du bord sont ravis, ils mangent donc du pain. Marmotte qui a deux mains gauches fait tomber son bol de soupe qui recouvre le pantalon de Roxana de haut en bas. Mohamed la raccompagne à un taxi pour qu’elle aille se changer. Manger du pain ça donne soif, on décide donc d’aller au bar. Il y a un monde incroyable et ça pousse dans tous les sens, parfois un peut violemment en doublant tout le monde (merci les Russes). Après ¾ d’heure (vraiment ¾ d’heure) de queue, Jahfar arrive enfin au bar. Il donne ses tickets et demande 2 cocas, le serveur refuse, les tickets ne donnent droit qu’à de la  bière (même ceux distribués aux mineurs), pour les boissons non alcoolisées, il faut payer. Marmotte échange sa place avec Jahfar pour essayer de baratiner le type en anglais. Dans l’opération ,un Russe en profite pour taper l’incruste et nous pique la place, il commande 100 bières et vu le débit, ça va prendre largement plus d’1/2 heure. Roxane arrive en renfort pour tenter de convaincre le serveur en polonais, ça ne marche pas mieux, il ne veut même pas prendre 10 tickets de bière en échange d’un coca. On repart sans avoir eu ni à boire ni à manger. Pierrot et Asterix étaient à l’afterguard avec Bill et Nick a bord du Dar….  La bouffe est bonne le service impec.  

n Lundi 21 Juillet

Le réveil est un peut dur : 8h et quelques au lieu de 7h. Les jeunes partent visiter Gdansk en bus à 9h avec Maud et Mohamed. Astérix est le seul à l’heure : 7h sur le pont pour attendre le camion de gasoil qui ne viendra jamais. Il tue le temps avec Bill qui, lui, attend son nouvel équipage. Il devait arriver à 5h du mat mais l’avion a été détourné sur Varsovie à cause du brouillard. Juste avant de partir Maud ne retrouve pas ses lentilles, branle bas de combat pour les chercher. C’est Pierrot qui les retrouve posées sur l’aspirateur, mais trop tard, ils sont déjà dans le bus. Ça fait le plus grand bien à Astérix, Pierrot et Mathieu de se retrouver un peu au calme. Astérix part au "Capitains briefing" à 11h avec Bill et le capitaine du Zenobe. Pendant ce temps là, Pierrot s’occupe de faire remplir la bouteille de gaz. Ensuite avec Mathieu et Gosia il part déposer le linge au gars de la laverie. Sur le retour Pierrot et Mathieu s’arrêtent sur le Zenobe pour l’apéro à l’occasion de la fête nationale belge. En sortant du briefing Astérix va acheter les lampes pour les gilets de sauvetage et va les montrer à l’Inspecteur Sécurité de la course. Maintenant, on est en règle et on récupère le pavillon Cutty Sark 2003 qui, depuis cette année, est bleu. On bouffe au calme avec Marta, Roxanne  et Gosia (salade, poulet mariné). L’après midi Pierrot fait la vidange du moteur. Mathieu va récupérer le tampon qu’on a fait fabriquer, par contre, il oublie le ticket avec les références. Dans la boutique, personne ne parle anglais et c’est dur de se faire comprendre. Heureusement une jolie Polonaise entre et fait la traduction. Mission accomplie, du moins en partie, car il n’y a pas d’encreur pour le tampon. Pendant ce temps, Astérix écrit son discours pour le "Capitains dinner" et tente de régler en même temps les problèmes que nous pose Amad. Les jeunes rentrent de Gdansk un peu déçus, il n’y avait pas de quartier libre, mais visite de la ville avec un guide qui parlait anglais, concert d’orgues etc. MacFly (Mathieu) perd le groupe dans une rue, il arrive au bus avec une demi-heure de retard :

-          - Mohamed : "t’était ou, tu faisait quoi ?"

-          - Mathieu : "du tourisme"

En fin d’après midi, une jeune Suédoise qui parle très bien français débarque à bord pour  nous dire que notre linge est arrivé sur leur bateau mais complètement mélangé. On envoie donc une expédition pour trier les fringues. C’est pas vraiment évident de reconnaître les caleçons et les chaussettes mais on finit par y arriver plus ou moins. C’est mieux qu’à Santander : la laverie ne nous a pas piqué les Levis et les T-shirt Cutty Sark. Pour le repas, c’est petit comité : une partie des jeunes est partie directement à la fête sur Esprit, Astérix est au "Capitains dinner" et Marmotte n'a pas le temps de bouffer car Gosia l’attend pour aller payer le type de la laverie. Le premier distributeur de billet est en panne, puis le temps d’en trouver un 2nd, de re-traverser la ville pour rejoindre le type, on perd une bonne demi-heure. Une fois devant lui, Marmotte lui demande la facture avant de payer. Le gars n’a pas de facture et il habite à 40 minutes en bagnole. Ça discute en polonais pendant un quart d’heure puis un arrangement est trouvé : Marmotte file l'argent à l’agent de liaison qui se charge de récupérer la facture. Fin de l’épisode lessive à 22h. Astérix rentre du dîner avec Bill, qui nous rend la camera qu’on lui avait confiée pour filmer le discours. La fête sur Esprit se passe très bien, Souhail joue de la darbouka, les autres draguent ou discutent.

n Mardi 22 Juillet

Bon, c’est pas tout, faut se lever. La journée promet d’être longue. Pas d’eau sur le quai, on fera avec ce qu’on a. On doit appareiller entre 10h50 et 11h50. La tension est palpable, alors ceux qui traînent se font gentiment remonter les brettelles. Maud, Mohamed et Ayoub partent faire les courses. Ça va pas être facile car il va falloir payer en liquide et donc retirer au plus proche pour ne pas avoir trop de zlotis de reste. Marmotte file au cyber-café pour envoyer le journal de bord. Entre temps il nous faut nous déplacer pour laisser les autres bateaux partir. Très rapidement, le port se vide et on retourne à notre place. Là, l’immigration nous attend. Ils ont l’air compréhensifs, mais il faut dire que Marta connaît un des gars. Enfin, le téléphone sonne. Alors commence la valse des appels aux ambassades, au service d’immigration de Finlande [Amad à perdu ses papiers]. Pas loin d’une heure après, c’est arrangé. On devrait pouvoir faire un passeport provisoire en Finlande. Mohamed demande à Amadou de dire merci à Astérix. En tout cas, un grand merci à toute l’équipe de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et à l’Ambassade de Pologne qui nous a tiré d’un bien vilain pas : Amad n’est pas resté sur le quai !  Il est 12h15, la parade commence bientôt. On demande aux douaniers l’autorisation d’aller à la parade et ils acceptent, on peut même emmener nos agents de liaison et les copines. Ça fait 9 invités et que des filles ! On reviendra après parce que, de toute façon, le Consul honoraire est à bord d’un bateau pour assister à la parade. On rejoint la flotte : comme d’habitude c’est superbe et c’est le bazar. Des bateaux dans tous les sens, on prend la file à coté de Mir, et on parade gentiment. On quitte les autres et on rentre au port vers 15h. Si le Consul se dépêche on peut encore être à temps sur la ligne de départ. Hélas, il était écrit que les choses ne seraient pas aussi simples que ça... La moitié de la Pologne s’était donné rendez vous à Gdynia, et le Consul est coincé dans les embouteillages.            

Du coup on en profite pour aller dépenser les derniers zlotis en bouffe. En fait, il n’arrivera qu’à 18 h. Il arrive avec sa femme et une autre jolie femme. Il est très sympa et prend vite conscience que notre bateau est important et, après la déclaration de perte tamponnée, on pose pour la photo avec le trophée qui est toujours à bord. Ça devrait passer dans le journal. Il faut partir, on se dit au revoir, Roxana verse quelques larmes et met ses lunettes de soleil pendant qu’on largue les amarres. Route à fond, mais le départ vient d’être donné, on sera en retard. On a hâte d’être en course Le comité de course nous autorise le moteur jusqu'à 1 demi mile de la ligne de départ, et on s’exécute. Le vent est nul, tous les "classe A" sont là, mais tous les petits ont déjà disparu derrière l’horizon. On franchit la ligne à 21h54 heure locale et le vent est très faible. Ça y est, on est partis, juste 319nm et on est arrivés…..          

n Mercredi 23 Juillet

Journée très calme, les quarts se succèdent et se ressemblent. On a toute la toile d’envoyée. Le vent est irrégulier et on avance entre 2,5 et 5,5 nds. La moyenne reste correcte et on va dans la bonne direction. Par contre, vu qu’on est les plus lents de la flotte et qu’on est partis en retard, on est hors de porté VHF de Race Control et des autres bateaux et c’est un peut galère pour transmettre notre position. Au menu, à midi c’était "calamars à la provençale" et ce soir se sera "escalopes de dinde à la crème avec des pâtes".

On a enfin réussi à transmettre notre position grâce au standard C, et à partir de maintenant, on n’essayera même plus avec la VHF, il est définitivement acquis qu’on est loin derrière. La nuit est aussi calme que la journée par contre on ne voit pas beaucoup d’étoiles. En effet il ne fait jamais nuit noire, à 4 heures du mat, on y voit comme en plein jour. Notre chienne Tyrane ne va pas bien. Elle a une grosse boule à la poitrine. Sûrement suite à son traitement pour sa grossesse nerveuse. On verra demain. 

n Jeudi 24 Juillet

La météo annonçait entre 2 et 4, ce sera 2 : on avance plus de 2 fois moins vite qu'hier, c'est à dire environ 2 nds. Il ne faudrait pas que ça continue trop longtemps sinon, ça va peser sérieusement sur le moral. La routine : quart, bouffe, vaisselle. Sandra a vu la 1ère étoile filante de sa vie. La mer est envahie par une espèce d’algue qui fait des bandes oranges immenses. A la fin du quart d’Astérix on reçoit un message sur le standard C, Astérix demande à Marmotte d’aller le lire, ce qu’il fait très rapidement : "C’est Race Control pour nous dire qu’on est 12èmes sur 71". Le quart d’Astérix part se coucher heureux mais Astérix réapparaît 5 minutes après : "on n’est pas 12èmes sur 71 mais 12èmes de notre classe et 71ème en tout". Vu qu’on est 12 dans notre classe et qu’il y a 71 bateaux engagés, on est bon dernier… L’état de la chienne ne s’étant pas arrangé, Astérix a décidé de lui donner des antibiotiques. Ça ne peut pas lui faire de mal et on n’a pas le choix….  

n Vendredi 25 Juillet

Même temps qu’hier, on avance à moins de 3nds, le temps prévu (3 à 5 de sud) se fait attendre. Il faut trouver de quoi tuer le temps alors on transforme le bateau en usine à bracelet et bonnets turcs. Ayoub entreprend de fabriquer un drapeau marocain, je ne suis pas sûr qu’il soit terminé aujourd’hui mais ça à l’air d’avancer. Il nous a emprunté une règle de Cras, un compas, une calculette, des ciseaux, une pince… alors si avec ça il n’y arrive pas... Amad a enlevé ses tresses et maintenant il a une belle coupe Jackson Five. On a convaincu Mathieu de virer les siennes aussi, mais ça s’avère un peu plus folklorique. Après 2 shampoings, du démêlant, des peignes gros comme des râteaux et 3 ou 4 sceaux d’eau de mer, ça finit par ressembler à nouveau à des cheveux. En plus c’est son anniversaire aujourd’hui alors sitôt le coiffeur fermé, Maud et Mohamed s’attaquent à la mousse au chocolat pour ce soir. L’après midi, Pierrot bosse en machine pour préparer le moteur en vue de son absence dans quelques jours.  Dans la soirée le vent se lève un peu et tout le monde se met à rêver d’une arrivée prochaine. C’est à qui fera la meilleure pointe de vitesse. Le repas du soir, c’est un peu le délire. Tout le monde se marre comme des baleines, et en plus on a nos "private jock". Ça va de petit papa Noël à des sons ridicules qui font rire tout le monde. Tyrane a l’air d’aller mieux, en tout cas, elle joue plus qu’hier.     

n Samedi 26 Juillet

Encore une fois le vent nous a lâché. La vitesse est retombée à 2 nds. Ça commence à peser. La preuve, premier accrochage ce matin entre Pauline et Ayoub pour des plaisanteries sur les blondes. Une bonne explication après, ça rentre dans l’ordre sans pratiquement l’intervention des adultes. Astérix jubile parce que comme ça se passe à la barre il entend tout, et peut se faire une opinion. (D’ailleurs, c’est parfois dur de dormir quand c’est le bazar là haut). Mohamed réalise que, malgré l’espace restreint sur lequel nous vivons, ça se passe assez bien. Preuve d’une certaine maturité, qui n’est pas toujours palpable.  La journée s’écoule au rythme des quarts et des changements de vent. C’est dur : sur 2h, tu marches à 5nds et pendant 5h tu te traînes à 2nds. Éprouvant pour les nerfs, pourtant, on est plus très loin. Il nous reste un gros 60 miles à faire. A midi, salade de purée de riz avec plein de choses dedans et ce soir, chili con carne. On n'a plus de frais, on ne pensait pas que ça serait si long. Enfin, on le mérite notre prix du plus longtemps en mer. En soirée, un gros nuage d’orage fait basculer le peu de vent de l’est à l’ouest en quelques secondes. Du coup, le flèche se retrouve à contre et on l’affale. On le renverra plus tard s'il le faut. La grosseur de Tyrane a diminué mais il y en a une de l’autre coté maintenant. Maudit quin !   

n Dimanche 27 Juillet

Hier on croyait qu’on avait fait le plus dur. Pas du tout !!! Le pire c’est maintenant, depuis le gros nuage d’orage d’hier soir. On avance à rien et on se fait rouler bord sur bord dans une mer hachée et formée que rien n’explique. Il nous reste 17 miles à faire et on marche à 1nd. Il est 7h du mat donc le calcul est simple, si on continue comme ça, on arrive à minuit. Ça c’est une vraie galère. C’est très éprouvant parce que personne ne peut dormir correctement à cause du bruit des voiles, surtout du rail d’écoute de grand voile. Pendant son quart, le vieux a failli péter un câble. Du coup on a bordé la grand voile à plat, c’est plus confortable mais ça nous aide pas à avancer. De toute façon y’a pas de vent. C’est une mer de dingues ici, pas de vent et une mer comme s'il y avait force 4. D’un autre coté, on a eu Bill d’Excelcior hier soir au téléphone, personne ne peut rentrer au port de Turku avant demain. Ça ne fait rien, on serait bien content d’être  au mouillage plutôt que de se faire brasser comme ça. Le matin c’est assez space, tu croises Pierrot, Mmarmotte, Astérix qui déambulent. Pas moyen de se reposer. Vers 11h, le vent se lève un peu. Presque tout le monde sur le pont sauf les habitués du repos. On envoie tout dessus et, miracle, on fait route au cap à 3,5nds. Il nous reste 11miles à faire. A 13h30 on voit la bouée, à 14h on est vraiment tout près. 14h28 on franchit la ligne d’arrivée, c’est la folie à bord, on aurait gagné l’America’s Cup que ça serait pareil. Maintenant on peut mettre le moteur et on ne s’en prive pas. Route toute sur le passeport check point et peut être vers le début des ennuis... Les premières îles sont là, ça fait plutôt caillou dénudé, ça rappelle l’arrivée sur la Norvège. Quelques minutes plus tard, un mega  Zodiac fait route sur nous et vient à couple. Un douanier embarque et demande les passeports. Heureusement, Astérix les avait prévenus par téléphone et ça marche. Il prend la crew list et repart. On est tranquille au moins jusqu’a  Turku. Plus on s’avance, plus il y a d’îles et plus c’est boisé et joli. On fait route, ce qui n’est pas trop facile vu tous les alignements successifs. On arrive à Turku à 00h15 heure locale, donc on est lundi et tout va bien. En Finlande, on est en TU +3, ce qui fait 1h de plus que l’heure d’été de France. On est accueillis par un "follow me boat" qui nous assigne une place. Déjà, ça sent l’organisation. A peine amarrés, tout le monde se précipite pour s’allonger dans l’herbe. C’est pas tout, allez, au lit.                

n Lundi 28 Juillet

Debout de bonne heure, avec pain frais au petit déjeuner. Le super marché est à 100m et c’est en euros et pas en "pouloutes" comme dit Pierrot qui ne s’est pas fait au zlotis polonais. La première chose à faire, c’est de trouver des douches. C’est là qu’arrivent Jutta et Charlotta, deux charmantes finlandaises, blondes comme il se doit. Elles sont agents de liaison, pas les nôtres mais prêtes à aider. Donc, après le petit dej, DOUCHE. Quelques uns vont y passer la matinée (on ne donnera pas de noms). Comme à l’habitude, Astérix fait les papiers et tout le foutu bazar (c’est belge). La remarque d’hier sur l’organisation se vérifie, eau et électricité à quai et des gens qui semblent savoir ce qu’il faut. Ça traîne quand même pas mal pour le boulot à bord. On est loin de la motivation nécessaire pour une deuxième victoire consécutive.

D’un autre cote, on doit admettre qu’il n’y à pas beaucoup de bateaux sur place et qu’on mérite un peu de repos. Le temps est gris et pluvieux. A 14h Amadou et Astérix partent avec les 2 agents au Consulat de France pour les papiers. Le Consulat est un bureau dans le Café de Paris. Accueillis avec des croissants, c’est plutôt sympa. Si tout va bien, on aura le passeport dans 2 jours. Il y a une cave dans le bureau du Consul qui fait rêver le vieux. L’après midi est plutôt calme. En soirée, un coup de téléphone du Big boss remue un peu tout le monde. Vous êtes là pour gagner et non pas en villégiature. Tout le monde jure haut et fort que demain, demain, demain…….                 

n Mardi 29 Juillet

Après le coup de fil de François, les troupes sont re-motivées (pas toutes quand même). C’est donc le branle bas de combat. Petit dej' et douches en vitesse puis on ouvre les cuisines du restaurant. Au menu, bœuf bourguignon et petits fours. Le bateau invité est Lua Dos de la Corogne. On a commencé avec un bateau sur lequel ils ne sont pas trop nombreux, histoire de se roder. On a donc 6 invités mais aucun ne parle français. Morgane, Pauline et Mathieu font des efforts pour essayer de communiquer, et ça ne marche pas trop mal. Après le repas le bateau se transforme en salon de coiffure, avec une forte prédilection pour les couettes. Vers 4 heures tout l’équipage de Lua Dos repart donc avec une ou deux couettes sur la tête. On met la vaisselle en marche et une demi-heure plus tard, quartier libre pour tout le monde. Ils partent tous à la douche et au sauna. Maud et Mohamed en profitent pour préparer une boum surprise pour l’anniversaire de Jahfar et de Mathieu. La table ressemble à la table d’anniversaire d’un gamin de 10 ans : gobelets Winnie l’Ourson, des petits tas de bonbons sur la table, une banderole joyeux anniversaire sur le mur… Excelsior arrive dans l’après midi et se met comme prévu à couple de nous. On décide alors de les inviter à manger le soir (Salade tomates mozzarella et brandade de poisson). Les jeunes tardent vraiment à rentrer et on presque envie de fêter l’anniversaire de Jahfar et Mathieu sans Jahfar et Mathieu mais avec les jeunes d’Excelsior. Vers 7h une partie arrive enfin (Jahfar, Mathieu, Morgane, Sandra, Amad et Ayoub), Pierrot va mettre le cd Discothèque volume 2 et c’est parti. On n’est pas nombreux mais on met le feu, c’est une vraie boum d’anniversaire. Par contre on n’a pas le temps de s’éterniser, on range tout vite fait et en route pour la cuisine. Sur le quai, on récupère un étudiant de Rouen (pas dur à reconnaître, il porte un T-shirt Région Haute-Normandie) qui fait sont stage de fin d’étude à Turku, c’est Pauline qui est chargée de le surveiller. Après le repas, pour changer, ce sera quartier libre. Il est temps d’aller se coucher, y’a pas à dire un restaurant ouvert midi et soir, c’est arasant.

n Mercredi 30 Juillet

Lever 8h comme tous les jours, par contre c’est heure française cette fois, Astérix avait oublié de changer l’heure de son réveil. Ça nous fait gagner une heure de sommeil, ce qui n’est pas désagréable mais ça nous met sérieusement à la bourre pour la bouffe. Tout le monde se dépêche, sauf Mohamed, pour qui c’est presque devenu une philosophie, qui se lève après les autres. On lui fait la remarque que de déjeuner sur une table qui vient d’être nettoyée et au moment ou tous les autres se mettent au travail ce n’est pas acceptable, il nous envoi balader. La cuisine devient un mélange entre une fourmilière (avec 12 fourmis seulement) et un sauna, ça grouille dans tous les sens et dans une chaleur à crever (le four tourne à plein régime,  plateaux de petits fours et  de cuisses de poulet pannées à la provençale avec des gamelles d’eau bouillante en même temps). On a peur d’être à la bourre, mais nos craintes ne sont pas fondées. Non pas qu’on soit à l’heure mais parce qu’on a invité des Italiens. A 1h30 il n’y a toujours personne et Astérix part les chercher, il en croise 3 par hasard qui ne faisait pas vraiment route vers Tante-Fine. Ils se sentent un peut obligés de venir, on aura donc 3 invités sur 13, ce qui n’est pas si mal que ça. On remplit donc le restaurant avec les gens d’Excelsior pour changer, il y a aussi la femme du Consul et 2 jeunes de Pogoria (Pologne) qui mangent avec nous. On est bien contents de pouvoir remercier à notre façon le Consul qui se démène, ici à Turku, comme les autres diplomates en Pologne. Décidément, merci le Quai d’Orsay ! Le soir, c’est repas en petit comité normalement, il y en a 4 qui sont partis manger au Mac Do. Comme ce n’est pas dans nos habitudes d’être si peu pour le repas, on invite 3 Finlandaises de je ne sait plus quel bateau et un joueur de vielle à roue (ce qui n’est pas évident à trouver en Finlande !). La température commence à être acceptable et on mange dehors. Au menu : les restes. On range la table, on fait la vaisselle etc. Marmotte par faire un tour en annexe avec Amad, Jahfar et Morgane. Au programme traversée du bassin jusqu’au Sedov puis visite de l’Antwerp Flyer.  

n Jeudi 31 Juillet

Kvituren + 3 black diamond - Fete sur spaniel

 

n Vendredi 1 Août

L’équipage du 2d groupe arrive tôt le matin et tous les gamins sont heureux de se retrouver. A midi, suite a une petite erreur de notre part dans le planning, on a invité l’équipage d’Esprit, ce qui fait 3 équipages au total. On a aussi la visite du premier conseiller de l’ambassadeur de France qui passe assez rapidement parce qu’il a un autre rendez vous. On lui remet un petit cadeau et c’est Amadou qui le fait. Par contre, je ne me souviens plus du menu (11kg de bœuf Bourguignon et 8kg de patates Asterix) (on était vraiment à la bourre et on écrit ce journal avec quelques jours de retard, idem pour hier et demain). Le repas se passe super bien et l’ambiance est très bonne, les jeunes s’étaient déjà rencontrés à Gdynia. Un petit coup de clean sur le bateau et on se prépare pour la parade. Depuis la dernière fois il y a eu du progrès : 3 djembé en plus, des drapeaux marocains, algériens et un finlandais et surtout un équipage en plus. C’est donc le feu, c’est clair qu’il n’y a personne qui fait plus de bruit que nous. Arrivés sur la place du départ, d’autres équipages viennent danser avec nous. La parade démarre. On est dans les derniers, comme à chaque fois, mais au niveau énergie dépensée on reste les premiers (comme àchaque fois). La parade se termine sur un stade avec des vraies tribunes ou les équipages prennent place. Ayoub traverse le stade en courant avec le drapeau finlandais sur le dos, ça rappelle les Anglais qui courent nus avant les matchs de rugby. Ce qui est bien c’est qu’ils n’insistent pas et que ceux qui nous suivent en font un peu trop. Marmotte va prendre place dans la tribune de ceux qui ont un prix (pour lui se sera celui du cuisinier le plus longtemps en mer). Asterix le rejoint un peu après, Mick (de la STI) vient de le prévenir que la ville de Turku avait créé un prix spécial et que c’est Tante-Fine qui l’avait gagné. Avant l’ouverture de la remise des prix, le club de Samba de Turku vient faire un spectacle. Mathieu part les rejoindre et danse avec elles, le tout de façon assez comique. La cérémonie commence d’abord par les prix liés à la course (3ème, 2nd et 1er chaque classe). Pour clore cette partie, c’est au tour de Marmotte de monter sur scène. Il embarque Tyrane avec lui, ce qui a un certain succès (Il y a parait-il une photo sur le site de la Cutty Sark) et reçoit un petit hachoir. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’Asterix pour le prix de la meilleure parade. Il monte sur scène avec Matthieu et embarque Tyranne une deuxième fois. On gagne une nouvelle lampe à pétrole, de meilleure qualité que celle de Gdynia. Au moment de partir on est rejoint par le conseiller susnommé qui serre la pince avec entrain, on lui à fait grosse impression. Ils vont être fiers à l’Ambassade d’avoir aidé LE bateau. Sur le retour on est rejoint par une journaliste de France Bleu qui va faire des reportages en Finlande pendant un mois. Elle interviewe quelques jeunes et ça devrait passer en France.

 

n Samedi 2 Août

Le premier groupe nous quitte et, malgré les prises de bec de ces derniers jours on sent beaucoup de tristesse. Ça part plus ou moins dans le désordre mais ça part. C’est souvent à la fin qu’on réalise ce qu’il aurait fallu faire pour…et le fait de le comprendre est déjà un pas en avant. Ça ne change rien au fait qu’ils se sont plutôt bien comportés et nos prix en sont la preuve, mais le vieux est un éternel insatisfait…Le bateau russe Mir propose d’échanger des équipiers pour la Cruise in Companie. La proposition est faite et c’est Abdoulaye, Driss et Elhaj qui crient le plus fort pour y aller. Après quelques minutes de réflexion, Elhaj change d’avis et c’est Matthieu qui veut y aller, c’est à ce moment qu’Abdoulaye demande "c’est quoi Mir". Ce matin on a eut une discussion sur la valeur de la parole donnée (et comme dit le Boss, il faut tenir en pleurant ce qu’on a promis en riant). On verra demain ! 

 

C’est vraiment à la bourre qu’Asterix et Marmotte se préparent pour le Captains’ Dinner. Nassera a la gentillesse de leur repasser chemises et pantalons pendant qu’ils se rasent et se douchent en vitesse. Ils chopent le bus de ramassage à la minute près. 10 minutes plus tard ils sont devant le château de Turku. Une dernière cigarette avant de rentrer, et direction le champagne et les costards. Le château a vraiment de la gueule, que se soit à l’extérieur où a l’intérieur. Un petit verre de champagne (enfin, un truc avec des bulles) à l’entrée puis c’est le début des serrages de mains. C’est le capitaine d’Esprit (le plus jeune de toute la course, 22 ans aujourd’hui) qui fait le discours d’ouverture. Le repas est servi 2 étages plus haut. Asterix mange à la même table que Esprit (qui on réussi à rentrer à 5 au lieu de 2) et Marmotte avec Kirsty et Bill d’Excelsior, Janett et un autre type de la STI, le capitaine du Zenobe, celui de Asgard 2. Au menu : en entrée, un gros toast au poisson avec deux trois trucs dessus (très bon), servi avec un blanc du sud de la France ; bœuf sauce échalote avec des légumes vapeur (un peu fade et pas assez copieux), servi avec un Pauillac 89 ; en dessert une crème caramel aux baies de Finlande (myrtilles géantes, groseilles …). Un petit cognac pour faire passer tout ça et les tables commencent à se vider.

 

n Dimanche 3 Août

Ça y est, enfin le jour du départ, ça va faire du bien. Même si l’organisation était parfaite à

Turku, une semaine à quai, c’est la limite. Réveil à 7h30, car il faut être prêt à 9h pour l’échange d’équipage avec Mir. Abdoulaye, Driss et Matthieu font leur sac et libèrent leur couchette puis Asterix les accompagne au Mir. La petite surprise, c’est que Mir ne va pas à Mariehamn, mais directement en Lettonie. Autant laisser le plaisir de la découverte. Une demi-heure après on récupère Sergueï, Alexandr et Andreï. Puis Katariina et Hanna embarquent à leur tour. On n’apprend que tardivement l’heure de notre départ, c’est prévu pour 11h30, mais c’est beaucoup plus long que prévu (comme d’habitude). On poireaute  jusqu'à 12h30 et on enquille derrière Ellen, on est l’avant dernier bateau juste devant Mir. La parade se fait dans le chenal d’accès à Turku, les quais et les berges sont pleins de monde. Comme d’habitude on met une grosse ambiance avec les djembé et en criant au revoir en finlandais.  A la sortie du chenal, c’est une invasion de petits bateaux, mais les Finlandais ont l’air d’être des gens très disciplinés et il ni en a pas un seul qui empiète sur le passage. On se fait dépasser par Mir et on reconnaît sur le gaillard avant nos gaziers qui ne sont pas encore aux fers à fond de cale. En fait, c’est bien d’être à la fin et c’est notre place. De la parade on fait route sur le point de rendez-vous. On doit naviguer en flottille avec un bateau finnois en leader. Le notre s’appelle Vila Mare, et semble bien rapide pour mener un groupe comme le notre. Il y a Kvituren le norvégien, Asgard 2 l’irlandais, plus 3 autres petits bateaux. On commence à circuler entre les îles et les cailloux.  On arrive à Houtskar en début de soirée et contrairement à ce que l’on pensait on n’est pas au mouillage mais sur un micro ponton en bois. Il y a Asgard 2 et Kvituren à couple de nous et le Zenobe Gramme de l'autre coté avec Hartepool et plein d’autres petits bateaux. C’est un tout petit village (avec plus de saunas que de maisons) très sympa. Le seul gros problème c’est les moustiques, on ne parle que de ça sur tous les bateaux. On mange assez tard, mais c’est très bon : poulets magnifiquement rôtis avec des patates sautées (merci Nassera, Maud …). Ensuite chacun part un peut dans son coin, mais vu que c’est tout petit on finit quand même par se retrouver assez nombreux sur Zenobe.

 

n Lundi 4 Août

On décolle vers 9h avec notre petit groupe, direction Katampää, ce qui fait une cinquantaine de miles. Dès que l’on se retrouve dans un chenal assez large, on envoie toute la toile. Le vent est bon et on marche 5 nds. Normalement on doit se mettre au mouillage pour manger à midi mais on a la flemme, on vient juste d’envoyer. On prévient notre leader qu’on ne va pas s’arrêter  et Asgard décide de faire pareil, on a tous envie de profiter du bon vent. A 14h30 le vent tombe, on se laisse dériver le temps d’attendre les autres et on en profite pour faire un grand nettoyage du pont et de l’intérieur. Au bout d’une bonne demi-heure les autres nous rejoignent et on remet en route. On arrive à Katampää à 17heures et c’est encore plus petit que Houtskar, il n’y a même pas un bar, et encore moins de douches, d’eau ou d’électricité. Ça a beau être petit, on est très nombreux donc on se serre. Il y a Elena à quai, puis Zenobe, Asgard, nous, des Amerlocs (avec un équipage polonais) et l’armée danoise à couple. De l’autre coté c’est Deodar, Jens Kraug, Kvituren, Hartepool etc… L’accueil est très sympa et les capitaines sont invités à une petite réception donnée par le maire du village le plus proche. Tout le monde ou presque se baigne en plongeant du bateau et l’équipage du Zenobe vient en renfort. Ce qui est étonnant, c’est que les chemins sont pavés. Explication : ce sont des Chinois déportés par les Russes sur cette île qui leur servait de bagne qui l’ont fait. Le soir, on mange du riz avec du saumon fumé qu’Astérix vient d’acheter à un type qui fait ça dans la forêt.  Une partie des jeunes va sur Asgard avec les jembés et ils mettent le feu. Les autres restent à bord et discutent avec des gars du Zenobe. On se couche pas trop tard car demain Asgard veut partir vers 6h du mat (ils ont plus de route que nous).

 

n Mardi 5 Août

Pas besoin de réveil, le temps s’en charge. On se tape un orage monstrueux en pleine nuit, il pleut à seaux et tout est ouvert. Faut se lever pour fermer sous des éclairs comme je n’en ai pas souvent vu. A 5h et demi c’est le vent qui se lève et souffle à décorner les bœufs, ça rafale à 40nds et on est 4em à couple plus 2 bateaux contre nous. Astérix se lève pour surveiller les amarres, nous on gagne une heure de sommeil car Asgard décolle plus tard que prévu finalement. Hier, en arrivant, on a envoyé le grand pavois et d’autres se sont sentis obligés de faire de même. Ce matin le notre claque au vent et les autres vont devoir monter au mat pour récupérer les morceaux. Le vent souffle en rafale et derrière les îles, la mer est blanche en quelques secondes, c’est vraiment intéressant et flippant. Tu te dis que si une amarre lâche avec les rochers à 25m derrière, ça ne sera pas long. Enfin, à 8h Asgard largue et on manœuvre pour revenir à couple de Zenobe. Petit déjeuner puis départ dans une mer très courte qui ne convient pas à notre barrique d’Atlantique. Kevin et Florent embarquent sur le Zenobe Gramme et Laurence vient sur Tante-Fine. On fait route ensemble toute la journée. La navigation est assez délicate par moment, la passage de 15 m de large avec des cailloux de chaque cotés est assez impressionnant.  On a mis le moteur à fond et on arrive les 1er, Zenobe se met a quai et nous à couple de lui. Ensuite c’est la course pour les retardataires, il y a d’abord Rona 2 qui vient à couple de nous, mais ils bougent pour laisser la place à Jens Krog. Il rate sa manœuvre deux fois et j’ai bien cru qu’on allait y laisser le bout dehors. Il arrive vite et avec beaucoup d’angle, ses jeunes ne savent pas lancer une touline ou une amarre (comme les nôtres) et tout tombe à l’eau. En essayant de se dégager il croche dans le bout-dehors avec ses haubans et sa balancine d’artimon. Rien d’abîmé, seulement une grosse frayeur. Le voila qui revient, Marmotte hésite à quitter le bateau en courant mais il prend son courage à 2 mains et  reste à bord. On prépare des lance-amarres et les gars de Rona 2 qui sont restés à bord pour aider font pareil. On en lance un sur l’avant et il arrive parfaitement à destination, malheureusement ils ne savent pas comment l’attacher à une amarre. Ils relancent donc leurs amarres à la main encore une fois, et encore une fois tout tombe à l’eau. Heureusement la gaffe est prête et on arrive à les récupérer. Mission accomplie, ils sont à couple. Rona se remet à couple de Jens Krog et le bateau des éléphants (les americanopolonais qui sautent sur les ponts) à couple de Rona. Degerby est plus grand que Katampää mais beaucoup moins beau. Les jeunes partent à la piscine sauna douche. Pendant ce temps Marmotte s’occupe du

barbecue, gracieusement prêté par le Zenobe qui nous refile en même temps ses restes de viande et de salade. On se fait un super repas puis direction la couchette pour Astérix et Mathieu. 

 

n Mercredi 6 Août

On décolle à 8h30 de Degerby, direction Mariehamn. Il n’y a que 20 miles, on devrait arriver vers midi. Comme hier, on fait un échange d’équipage avec le Zenobe. Nassera, Ulciane et Fahim nous quittent et on récupère Marc avec deux de ses gars. La navigation est plus facile qu'hier et on suit le Zenobe alors tout va bien. Sauf que peu avant d’arriver au port, le moteur de leur zodiac traîne un peu dans l’eau.  On arrive comme prévu à Mariehamn et sans rien demander on se retrouve à couple d’Excelsior, qui lui est là depuis hier. A midi on mange enfin le bourguignon qu’Astérix a préparé il y a deux jours et que l’on repousse sans cesse. Le soir Astérix et Marmotte vont à la Captain’s Reception à bord du Pommern. Le bateau est vraiment impressionnant, pour le reste ça ressemble à toutes les réceptions. Vers 23h il y a un feu d’artifice, pas comme à Rouen ou Brest, mais pas mal (dans la nuit bleue et pas noire).

 

n Jeudi 7 Août

Réveil à 8h, on a pas mal de boulot et Excelsior doit bouger à 9h. Manœuvre nickel pour sortir, et 10 minutes plus tard on est une nouvelle fois à couple du Zenobe, juste devant le Pommern. Maud et Nassera s’occupent de la lessive, Asterix et El Hadj des courses avec Lennart, Elodie du coup de propre et Marmotte du cyber café. A midi c’est les restes, Davy et Kevin vont remplacer les filles à la lessive. Après le repas, séance baignade avec les gars du Zenobe. Le repas du midi est simple mais semble toujours convenir à nos amis russes. L’après midi, on a toujours le même problème. Beaucoup de bateaux ne savent pas comment retenir leurs équipiers et nous comment les faire sortir, on leur propose des activités mais c’est trop dur. La barrière de la langue est là. Marmotte et Astérix font une heure de sieste en prévision des heures à venir. Viens l’heure du départ, 19h précises comme promis à la marine belge. Encore une belle manœuvre pour sortir vent arrière et on se met vent debout pour envoyer la grand voile.  Il nous faut à peine une heure pour rejoindre la pleine mer. Adieu les îles de Finlande et bonjour la Baltique, la même, le vent pas très fort, mais la mer un peu formée qui ne convient pas à notre barrique. On voit rapidement s’éloigner les quelques bateaux qui étaient avec nous et on roule, cap au 190° à la surprenante vitesse de 3,9nds alors que les autres filent 6nds au moins. Le premier way point est à 14 miles, après on verra. Le vent est au 330 et on se met vent arrière en ciseaux route au 150. C’est bien, c’est presque le cap du détroit de Irbenskiy qui est à plus de 120 miles. On file 4,2nds et les quarts se mettent en place.

 

 

n Vendredi 8 Août 

La nuit est toujours très courte, entre minuit et demi et 2h et demi, c’est le seul moment assez sombre pour ne plus voir mais juste deviner. Ce n’est pas facile de barrer vent arrière et Marmotte et Astérix se partagent le quart d’Elodie qui n’est pas encore assez amarinée pour tenir son quart. Le vent a fraîchit à 5 à 6 B ce qui est bon et la grosse se laisse caresser les hanches par les vagues. C’est délicieux d’entendre la houle nous rattraper et d’être bercé. Tout le monde dort très bien, certains même pendant le quart. Le vent tourne doucement au nord et on le suit, mais le cap reste bon. A 16h on empanne et route au 140° vrai en marchant 5nds de moyenne. A bord ça fait dortoir, on comprend pourquoi ils ont la pêche à terre. Ils dorment hors quart et même pendant les quarts. Il faudra remédier à cela. Quelques uns ne se sentent pas très bien. Ils ne sont pas marins en mer mais se comportent en vrais Cap Horniers aux escales. Sans doute la fierté d’être à bord du plus célèbre des petits bateaux. On est toujours sans nouvelles des trois à bord de Mir, et, ils semblent peu pressés pour les retrouvailles. La mer se forme peu à peu et pourtant le vent mollit. On à un passage un peu délicat à négocier cette nuit, le détroit entre la Latvia et l’Estonie. On va forcer au moteur. On engaine à 2h du mat et le vent fraîchit.                          

 

 

n Samedi 9 Août

6h du mat, il nous reste environ 30 miles à faire sur ce bord, c'est-à-dire par le bon plein. On a été protégés par les hauts fonds mais, maintenant on est à l’ouvert de la mer. Le vieux réussit à comprendre une météo qui informe d’un near gale warning ! En clair, force 6 à 7 Beaufort, mais c’est déjà commencé. L’heure prévue  pour changer de route est 11h34 et on va souffrir à rouler bord sur bord pendant un bon moment. En bas c’est le bordel, et tout finit par trouver une place, c'est-à-dire sur le plancher et dans les coins. Personne ne ramasse, tout le monde fait l’autruche, ce qui est rare sur un bateau. On arrive à l’entrée de la Daugava vers 17h et il faut la remonter sur 7 miles pour arriver à Riga. On peut pas dire que ce soit très beau, sur 7 miles de berge, il doit y en avoir 6,5 avec des grues. La manœuvre va être un peu chaude à cause du vent et du manque de place pour se retourner. Des gars en zodiac nous attendent mais ils n’ont pas l’air de bien comprendre que ce n’est pas une twingo qu’on doit garer. Ils demandent à Astérix d’accélérer sa manœuvre alors que, moteur débrayé depuis un bon moment, on avance encore 2,5 nds simplement avec le vent. Ils prennent un jetas d’Astérix qui est un peu tendu et nous aident à faire demi-tour. On vient juste de poser les amarres qu’il y a déjà une cinquantaine de personnes sur le ponton qui attendent pour les tampons. Les jeunes sont ravis de se sentir bien accueillis alors ils font le spectacle avec Charles du Zenobe et nos gars du Mir en renfort. Le contrôle de l’immigration se passe sans aucun problème, le type tamponne tous les passeports et on est autorisés à quitter le bateau.

n Dimanche 10 Août

Retour de Mir

Captain reception

Reception parking

Bar francais

Repas dans la mauvaise ambiance

Feu d’artifice  

n Lundi 11 Août

Réveil à peu près dans les temps, normalement c’est boulot ce matin mais ça traîne un peu. Maud et Nassera s’occupent du linge et du gaz avec notre agent de liaison (contrairement aux autres pays, ici on ne remplit pas la vide, on te la change. Sauf qu’une recharge comme ça, on ne pourra plus rien en faire). Astérix gère les courses avec Kevin et Marmotte vérifie le gréement et répare la douche. Les autres ont la dure tâche de laver le pont et la coque, comme à leur habitude, ils font preuve d’une efficacité redoutable et d’un entrain au travail jamais vu auparavant en ce bas monde. Vers onze heures, Astérix revient des courses avec des poulets et des frites. C’est le quart de Maud qui est de bouffe mais comme elle est à la laverie avec Nassera, El Hadj se retrouve seul pour cuisiner. Il fait de son mieux et à midi il a coupé un poivron et deux oignons. Personne ne vient l’aider (Astérix, Marmotte et Elodie ont décidé de tester l’autogestion par des majeurs qui n’arrêtent pas de rabâcher qu’ils le sont) et il faut que Maud et Nassera rentrent pour que ça commence à avancer. On passe à table à 3 heures de l’aprem avec en cadeau une nouvelle engueulade entre Abdoulaye et Driss. Astérix est assez remonté et il part manger en ville avec Marc du Zenobe. Bilan de l’opération autogestion : ce n’est pas pour demain.

Le soir c’est la Crew Party pour les trainees plus Maud et Elodie et l’afterguard pour les officiers (c.a.d Marmotte qui a choisi comme cavalière pour l’accompagner Astérix). La Crew Party est très bien organisée, buffet très bon et à volonté, un groupe de reggae pas mal etc. L’afterguard est pas mal aussi, ça a lieu dans une très belle salle du musée des arts appliqués, les charpentes sont impressionnantes, les seules choses nulles sont les œuvres exposées. Ensuite, il y a une autre Party sur Asgard 2 avec les capitaines et les officiers de la plupart des bateaux qu’on apprécie et les gens de l’organisation. On a droit à un très bon Irish Coffe mais on ne peut pas s’éterniser car il doit y avoir la livraison du gasoil. Déjà on avait trouvé assez épique le plein à Gdynia, mais c’était rien à coté d’aujourd’hui. On est le deuxième sur la liste, juste après Jolie Brise et la livraison doit commencer à minuit. Sachant qu’il faut à peu près dix minutes pour faire le plein d’un bateau et que Jolie Brise est à 10 mètres de nous, normalement on doit être livré à 00h10 mais en temps Letton ça donne 2 heures du mat'. Il faut dire que pour faire le plein d’un bateau, il faut une dizaine de pompiers en tenue de feu qui installent une lance à incendie, quelques flics et des rouleaux de bande plastique pour faire un périmètre de sécurité autour du camion, d’autres flics pour empêcher les gens de marcher sur les pontons et on doit évacuer le bateau qui fait le plein et ceux qui sont à couples. Une fois les cuves pleines, il faut encore signer et tamponner 9 feuilles. Pour payer c’est le lendemain à la banque, etc. Enfin c’est pire pour d’autres qui ne seront servis qu’à 5h du mat', et encore, pas tous…

n Mardi 12 Août

Première grasse matinée depuis le départ, enfin la grasse matinée n’est pas pour tout le monde et les réveils s’échelonnent de 9h à midi (on ne donnera pas les noms des derniers).

Astérix et Marmotte vont au Captains’ Dinner, et, chose exceptionnelle, sans être en retard pour le bus. Le repas a lieu dans une espèce de château-hôtel particulier plutôt pas mal mais avec une sale un peu bruyante. On se met à table avec le capitaine du Zenobe et Céline qui l’accompagne et avec le capitaine de Kvituren. Au menu, salade de tomate mozzarella (assez élaborée quand même), pavé de bœuf sauce champignons avec des légumes vapeur (copieux et bon), crème je sais pas quoi avec un coulis de fruits rouges. Le tout est accompagné par du vin chilien, un blanc pas mal et un rouge pas génial. On rentre aux bateaux à pied avec ceux de notre table. Sur la route on peut voir le feu d’artifice sauf le bouquet final qui a lieu juste au moment où on passe sous un pont, tant pis. De retour sur Tante Fine, on prend Tyrane pour l’amener sur Kvituren qui a un cadeau pour elle. C’est un hot-dog en plastique qui fait du bruit quand on le mord. Ça lui plait beaucoup et elle essaye vraiment de le tuer, c’est chose faite en moins de 5 minutes, le hot-dog a un trou de chaque coté et ne fait plus aucun bruit.

n Mercredi 13 Août

Ca y est, c’est le jour du départ. Marmotte part faire les courses pour dépenser les dernier lats, les autres préparent le bateau. Chose jamais vue auparavant, la parade démarre avec une heure d’avance sur l’horaire prévu. On part avant derniers entre Jens Krog et Kvituren, les quais sont pleins de monde et les au revoir sont très chaleureux. On a embarqué avec nous notre agent de liaison, sa copine et sa cousine. Kvituren nous rattrape et vient sur notre bord pour lancer un hot-dog tout neuf à Tyrane mais il ne dure pas plus longtemps que le premier. Une heure après, on sort de la Daugava pour déboucher dans le golfe de Riga, moteur à fond et route sur Ventspils où on va attendre le départ de la course. Sur le passage on salut le brise-glace qui marque la fin de la parade, il y a à bord la présidente de la Lettonie et tous ceux de la STI. La remontée du golfe est assez belle, on double Mir et Cuathemoc, Zenobe, Jolie Brise etc. On se retrouve dans le détroit à la tombée de la nuit. Le levé de la lune est magnifique, elle est pleine et d’un rouge orange superbe. C’est la première fois de sa vie qu’Abdoulaye voit la lune se lever. On a droit aussi à quelques étoiles filantes. Sur le quart du vieux, on tombe dans une brume à couper au couteau. Kevin et Florent aux bossoirs, Elodie à la barre et Astérix  au radar et à la navigation. On arrive à Ventspils les premiers, il est presque 5 heures du mat'. Le vent se lève déjà de sud ouest. Un follow-me nous montre notre emplacement, on pose les amarres et au lit. Pas de chance, on avait oublié qu’on était en Lettonie, alors après le gasoil à 2 heures du mat', c’est les douanes à 5 heures (on les aura 5 fois en tout dans la journée, tout ça parce qu’on a 3 Lettons et un Sénégalais à bord).

n Jeudi 14 Août

  On grasse mat' un peu, même ceux qui ont dormi tout le trajet. C’est Maud qui se lève la dernière. Il y a plein de bateaux qui sont là, arrivés pendant qu’on dormait et il en arrive toute la matinée. De toute façon le départ est à 18h30, on a de la marge. Les questions commencent à tomber : mais c’est loin là où on va ?, pourquoi on fait pas route directe ?, c’est en Allemagne qu’on va ?, la mer elle va bouger ?, combien de temps il faut ?, on peut passer par ailleurs ?, c’est quoi ce délire ?, on arrive quand ?, on va passer par le détroit de Gibraltar ??????  Astérix  craint que les prévisions météo ne se vérifient c.a.d , force 6 à 7 de sud ouest, ce qui n’est pas engageant pour un départ. La journée se passe tranquille, on rappelle quelques règles essentielles, on bricole, on fait le beau sur le quai, on répare les chiottes (6ème édition) grâce aux pièces données par Hartepool Renaissance (Anglais, mais sympas) et on attend l’heure. Finalement, à 17h, on a la position de la ligne de départ et on appareille. Dès la sortie, on est cueillis par une mer déjà formée et Abdoulaye va tenir une demi-heure avant d’être malade. On cherche à se positionner au mieux pour la ligne et on coupe le moteur. C’est parti ! Sous GV, trinquette et petit foc, on marche 5,7nds. On franchit la ligne de départ avec 8mn de retard, mais on n’est pas les derniers et c’est même plutôt bien avec ce temps. La route vraie est au 317°, ça c’est moins bon ! Le défilé des malades commence. Sur la VHF, on entend que James Cook a essuyé un grain avec des rafales à 60nds. Nous même, on en reçoit un où la mer fume et on file plus de 7nds. C’est maintenant bien formé et on roule beaucoup. Même la chienne ne tient plus sur ses 4 pattes. La liste des malades s’allonge et quelques noms prestigieux viendront s’y ajouter. Les paquets de mer envahissent le pont de plus en plus souvent, mais la marche reste bonne. On est un  dégoûtés de voir certains bateaux faire route au 270°, voire au 255° pour les meilleurs mais on reste groupés avec la majeure partie de notre classe. La nuit descend et promet d’être longue pour certains.             

n Vendredi 15 Août

En France, c’est férié. Ici, on ne chôme pas, la mer reste très dure et le vent irrégulier est fort. C’est dur de prendre les quarts et c’est souvent allongé, entre deux séances vomi, que se passent les trois heures de boulot. Hier soir, personne n’a mangé, même pas le vieux. Sur le quart d’Astérix, on dépasse 2 bateaux, SUPER !!! Sur le quart de Maud, on est obligés de changer de route à cause d’autres bateaux. Sur le quart de Marmotte, on reçoit un appel de détresse de Freedom. Ils ont une voie d’eau, plus de moteur, pas de pompe. Le capitaine qui parle très mal rosbif ne cesse de répéter qu’il a un mètre d’eau dans le bateau, ce qui parait étonnant au vu de la taille du bateau (il était devant nous à Venspils, il n’est pas très gros, c’est plutôt style Formosa de 12,5m). Aussitôt, Race control dépêche un navire. C’est Prince William (60m) qui se déroute pour porter assistance (Sister ship de Strarvos S Niarcos, les deux bateaux anglais à l’origine de l’explosion de l’ISTA). Sur Freedom, ils ne savent pas s’ils doivent abandonner le navire ou ??? Les anglais mettent un gros zodiac à l’eau, même si c’est un gros, par ce temps ! Je pense aux nôtres qui sont à l’agonie à bord, alors les imaginer sur un zodiac maintenant !! La position de Freedom le met sur notre route un peu devant. On contacte Race control pour leur dire et pour leur expliquer que c’est déjà difficile de contrôler notre propre bateau (plus personne de suffisamment valide pour assurer une manœuvre par ce temps) Le capitaine de P W nous remercie et nous explique que c’est déjà assez dur pour eux, qu’on peut continuer et veiller le canal 72. Peu de temps après on passe Freedom à environ 80m, ce qui est proche par ce temps. Le zodiac est près d’eux et fait vraiment bouchon à côté (nous on doit faire barrique). La suite est épique sur VHF, ils finissent par demander assistance médicale et c’est Alexander Von Humbolt (60m aussi) qui se déroute à son tour. Le capitaine de Freedom est blessé, demande le docteur de A V H (avec un accent teuton à graisser des bielles de locomotives), mais où, à la tête ? Non au cul répond P W en s’excusant. Une touche d’humour dans ce grand bazar. Il a aussi une plaie à la tête, alouette ! Chez nous aussi les premiers problèmes apparaissent, pavillon pris dans la poulie d’écoute d’artimon, écoute de flèche en vol libre et grand bazar général. Le jour se lève et la mer aussi, on est passés par des vagues assez énormes où le bateau reste suspendu pendant de longues secondes au sommet dans une position qui ne permet plus de savoir où est le haut où est le bas. Marmotte avec ses théories nous avait expliqué que de temps en temps (selon des études sérieuses) il y a une vague énorme. On a expérimenté pour vous ! On est maintenant à 30nm de Gotland et s’en approcher serait se protéger, mais on s’éloigne encore de Travemünde. Ici ça tient plus du radeau de la méduse et la météo ne présage rien de bon avant samedi soir. En matinée, la décision est prise, on va se planquer et attendre. On est plus adeptes d’Epicure que du Marquis. La nouvelle met du baume au cœur des survivants, pour les autres le coma serait le bienvenu (dixit Abdou). On "start the engine" et roule ma poule, parce que pour rouler, elle roule la poulette. On pense que cette fois même le maire de Fécamp ne pourrait pas tenir, parce que rien à voir avec un petit coup de chien pour multicoques. On fait route sur la baie de Ajksvik (c’est Suédois comme nom). Les deux dernières heures sont longues, puis vient le calme, soudain ! On a gagné un havre, et ici le mot prend sa valeur. Au fond de la baie on mouille par 10m sur fond de sable dur (cf la carte). Si on dérape, on repart vers le large, on le saura très vite. Dormir et préparer à manger, voilà les impératifs. Certains veulent se baigner, ok, mais on prépare toute la secu avant. On descend l’annexe, on file une amarre à l’eau et on met l’échelle de pilote. Cherche et cherche encore, une conclusion s’impose, elle est partie à la mer dans la tempête. Il fallait vraiment qu’on soit bien couchés pour qu’elle puisse sortir du filet arrière, d’ordinaire on se bagarre pour arriver à l’en extraire. Avant le repas, Fahim a déjà fini son assiette, "j’fai s’que j’veu !" On mange comme des ogres, surtout le grand ogre noir et ça fait plaisir à voir. On est bien ici, au calme, à entendre la tempête passer au dessus, on en est à plaindre ceux qui sont en mer (mais, ils sont sûrement entraînés et volontaires). En fin d’après midi, le vent passe au nord ouest et amène la pluie. Il nous faut être plus vigilants car le vent porte à terre, donc on reprend les quarts. Par 2 pendant 1h30, ce n’est pas trop dur. Ainsi se passe la nuit avec le ronron du groupe électrogène (on doit avoir une batterie défectueuse). Info de dernière minute, les toilettes sont encore bouchées !!!!!!!!!!!!!!!!            

n Samedi 16 Août

Toute la nuit, le vent a soufflé très fort. Du 6à7B en permanence avec beaucoup de pluie et des rafales (fortes) sous les grains qui font ronfler la mature. Le mouillage tient bon, faut dire qu’on a mis la longueur de chaîne. La houle de nord commence à rentrer et c’est moins confortable mais ça berce et ça permet de s’amariner un peu plus. Les quarts ont fonctionné toute la nuit, on comptait partir vers 5h mais ça soufflait encore beaucoup trop. Vers 9h, on se prépare à virer au guindeau, qui ne veut rien savoir. On commence à envisager de remonter l’ancre à la main, mais Marmotte intervient, c’est l’interrupteur à pied qui est mort (plein d’eau, alors qu’il fonctionnait il y a quelques jours). On va le shunter, et ça marche ! Sacré Marmotte, un vrai mike gyver (c’est vrai que dans son pays t’apprends à te débrouiller ou tu passes pas l’hiver). On envoie la grand voile et on sort de la baie. On est tout de suite cueillis par la houle mais ça va, elle est cassée par des hauts-fonds. Il nous faut une heure pour contourner la pointe de l’île, et là, le bonheur : pas de mer et bon vent. On fait des pointes à 8,5nds. Pourquoi c’est pas toujours comme ça ? On prépare des pâtes pour fêter ça. Abdoulaye ne veut pas manger de peur d’être malade, on réussit à le convaincre qu’il ne sera pas malade ! Le vent est irrégulier et on passe de 4 à 8nds en un rien de temps. On va avancer toute la journée comme ça et c’est très bien. L'île de Gotland fait 140km de long. Ca dort, ça dort….   Vers minuit, le vent est bien tombé et on se traîne à 2nds, donc on démarre le Volvo pour mettre un coup de collier en direction de Travemünde où tous les jeunes voudraient déjà être arrivés. On fera sûrement escale à Ronne sur l’île  de Bornholm, comme à l’aller. Je crois qu’une bonne douche sera la bienvenue. On aura besoin de faire le plein d’eau et si possible, du gaz oïl. On devrait en avoir assez mais il vaut mieux prévoir. 

n Dimanche 17 Août

On a changé les systèmes de quart de cuisine, vaisselle… C’est la même équipe qui gère tout le repas. Ce n’est pas encore au point, mais l’idée est bonne, plus possible de dire que c’est les autres qui n’ont pas….. Hier soir, Marmotte avait préparé un blaff de morue. Davy, qui est fier de ses origines Portugaises, s’est fait un devoir d’en reprendre 3 fois. D’autres n’en ont pas mangé parce que, tu comprends, y’a des arêtes et pis j’aime pas ! Ignares ! Comme il en restait ce midi, les mêmes se sont régalés encore une fois Les autres se sont contentés d’une omelette et de quelques pâtes. On continue notre route théorique le long du rail des cargos. En fait, ils circulent dans tous les sens. Il y a tous les ferries qui viennent de Travemünde et qui font route vers le nord, allez y, on en  revient et c’est super ! Cet après midi, on va essayer de faire un coup de propre, vider et nettoyer le frigo, vider, trier et ranger les fruits et légumes du filet, ranger les couchettes, passer le balai et clean dans la cuisine. On demandera un volontaire pour les toilettes, normalement, à ce moment là, tout le monde sera très occupé, y’en a même qui auront piscine ou danse classique ou atelier pâte à sel. Tout autre chose, un pouillot véloce, charmant petit oiseau à peine gros comme ça, en escale technique avant ses vacances dans le grand Sud, se permet de marcher sur Tyrane qui dort. Vu qu’il pèse moins lourd qu’un moineau anorexique, ça ne la dérange pas du tout. On continue notre route au 230° à 7nds et on devrait arriver à Ronne en milieu de nuit. Après il nous restera 150nm à faire, une broutille. Si le vent pouvait souffler dans le bon sens, une fois, rien qu’une fois…     

n Lundi 18 Août

On double la pointe Nord de Bornholm en serrant la côte qui est accore vers minuit. Malgré ça, tu as des cargos qui passent encore plus près. On comprend mieux les avis à la navigation qui sont diffusés régulièrement, concernant un cargo chinois qu’on renfloue dans le coin. On arrive à Ronne à 3h30. Vers 4h au lit, et à 8h debout car les autorités portuaires viennent réclamer des sous. Astérix  achète des jetons de douche, et à la bonne nouvelle, certains se lèvent assez tôt. C’est vrai que ça fait du bien de l’eau bien chaude sur soi pendant 10mn. Pour le gaz oïl, c’est autre chose. A 1€ le litre, c’est un peu cher. On fera avec ce qui reste et puis, on est un voilier quand même ! Par contre il y a de l’eau. La frénésie de la lessive reprend tout le monde et le pont se transforme en laverie. Pas tout le monde, Abdoulaye veut laver un tee-shirt, mais en fait, voudrait que quelqu’un le lave pour lui. S’ensuit une discussion sur la lessive, boulot de fille, que sa grande sœur, qu’on n’est pas sympa…. Matthieu voudrait lui aussi que Nassera lui lave son blouson. Ils sont gonflés ! En fin de matinée, une dispute éclate parce que Fahim veut les cartes et que Kevin ne veut pas lui donner parce qu’il est en train de jouer avec Florent. Il faudra l’intervention du vieux pour calmer le jeu. Après le repas de salades composées, au cours duquel Matthieu a répété 15 fois qu’il aimerait bien du bon pain, parce qu’il a vu une boulangerie, et qu’Abdoulaye nous ait parlé en long, large et travers de ses problèmes de constipation (faire comprendre à l’un qu’on est pas dans la zone euro, et à l’autre qu’on est à table et qu’on verra pour lui plus tard), une équipe part faire quelques courses. Le centre ville est loin, mais la vieille ville est super. Plein de petites rues avec des maisons basses et colorées de rouge et de jaune. Après le supermarché, la pharmacie   

La situation est assez cocasse, un petit bonhomme avec un béret et des moustaches essayant d’expliquer (en anglais) à une pharmacienne danoise (ne parlant pas très bien anglais) , rouge de confusion, que le grand noir avec le pantalon sous les fesses a des problèmes pour faire caca ! On en repartira avec un laxatif en pipette. Il faut maintenant expliquer comment utiliser la pipette. On n’a pas des métiers faciles. De retour au bateau, encore une dispute opposant Florent et Kevin. Nouvelle intervention du vieux. L’après midi les filles font des crêpes et des gâteaux. Le temps est couvert et il pleut un peu, fini la canicule de la Finlande. On part finalement vers 21h, après le repas. Il fait déjà nuit, ça aussi ça change du Nord. On envoie les voiles et on marche à 5nds dans la bonne direction ; le bonheur ! Mais il est dit que le bonheur ne dure pas à bord, et 4h après, on est à nouveau au moteur.  

n Mardi 19 Août

C’est les 20ans de Nassera, aujourd’hui. Elle nous bassine depuis plusieurs jours qu’elle veut faire son anniversaire à terre, et bien se sera en mer qu’elle passera la première journée de sa vingtième année. On continue à faire route dans un temps gris et brumeux. La visibilité réduite oblige à une veille attentive (tout le monde n’est pas très attentif, et certains voient les cargos qu’on croise après leur passage, en se relevant de la position favorite du quart, c'est-à-dire allongé). Il parait impossible de faire comprendre que le quart est LE MOMENT  important de la navigation et non pas jouer la montre pour aller se coucher le plus vite possible. On n’est pas là pour discuter les 2mn15s qu’il reste avant de refiler la barre au suivant, mais pour veiller sur le bateau et sur la peau des autres. C’est juste une question de respect de l’autre (expression si chère à tous !). Encore un échec du capitaine et de son équipage, mais pouvait-il en être autrement ? On fait route et au point du jour, on devine la silhouette d’un trois mats. Un des bateaux encore en course, ce qui veut dire qu’on va pouvoir faire la vacation radio à 7h. En effet, tous les jours, à 5h et 15H GMT, il y a un appel radio sur VHF qui passe en revue toute la flotte, par ordre alphabétique et qui demande la position géographique de chacun. La portée d’une radio est d’environ 30 à 40nm. Ces derniers jours, on était loin derrière et on passait notre position par standard C. Donc à 7h locale on veille, la liste est longue mais aujourd’hui elle s’est raccourcie car certains bateaux sont déjà au port. On découvre que pas mal d’autres ont abandonné (c’est pas une excuse pour nous, mais c’est la preuve que c’était dur pour tout le monde), et qu’il y a des bateaux encore en course, dont Exelcior. Vient notre tour et on a droit à un Bonjour et un "vous pouvez répéter" en Français. C’est toujours sympa. On rejoint Stat Amsterdam sur la ligne d’arrivée, et on continue notre route. Le vent se lève de plus en plus, dans le pif comme d’hab', et on perd de la vitesse. La moyenne chute à 5,5nds, la galère ! On était juste en gaz oïl mais si ça continue comme ça, ça ne va pas le faire. Et ça continue, par radio on contacte Esprit (bateau allemand) et il nous parle d’un petit port à l’entée de Rostock. On y va, pas le choix. Quand il a dit petit, c’est petit ! 200m de long et 20m de large. Quand il nous voit arriver, le comandant du port s’arrache les cheveux et nous gueule de foutre le camp. Par chance la station service est là, à coté de nous. Stop ! Le prix ? 99cent d’€ le litre. T’es fou ! Mais pas le choix, on prend 200 l et on s’en va, route sur Travemünde à fond. Il est 16h, Astérix  va se reposer, il est debout depuis 3h du mat. On arrive à destination après minuit mais tout le monde est heureux. On arrive à destination après minuit mais tout le monde est heureux. Comme la place qui nous est proposée ne nous convient pas du tout (dos au quai entre des pieux), on décide de se mettre à la place prévue pour le Norden en se doutant bien que tôt ou tard on nous demandera de bouger. Une dernière clope et au lit, on est de retour dans un pays civilisé et normalement les douanes ne devraient pas débarquer à 4 heures du mat.         

n Mercredi 20 Août

Comme prévu, on nous demande de changer de place, mais ils comprennent que ce n’est vraiment pas possible de se mettre là où on était prévu et on obtient une place à quai de l’autre coté du basin. Normalement Zenobe Gramme doit venir à coté de nous mais ils sont retenus en Pologne pour l’instant. Ils ont eu de l’eau dans le gasoil  et tous les problèmes qui s’en suivent : vidanger la cuve, refaire les injecteurs, etc. On espère qu’ils vont bientôt arriver. Les douanes viennent à bord pour faire la "clearence" et on a droit à un contrôle très sévère du genre : "Bonjour, il est beau votre bateau, tout s’est bien passé pour vous ?, au revoir", c’est agréable quand ça se passe comme ça. Eva, notre agent de liaison arrive et nous règle les petits problèmes qu’il nous reste, bracelets supplémentaires pour la Crew Party, tuyau pour l’eau, etc. Marmotte débouche les toilettes pour la troisièmes fois et y prend énormément de plaisir… Ensuite c’est au tour de l’évier où il faut changer les clapets : matinée plomberie en gros. Il faut enchaîner immédiatement avec la bouffe, au menu : tartes au fromage et tartes aux pommes. Heureusement de bonnes âmes (Maud, Elodie et Nassera) viennent en renfort du quart de Marmotte (Abdoulaye, Davy et Matthieu) pour aider à préparer les tartes aux pommes. Il y a aussi Kevin qui file un bon coup de main avec ses talents de pâtissier. On mange un peut tard mais c’est bon. A la fin du repas on fête l’anniversaire de Nassera qui a eu 20 ans hier. Elle a comme cadeau deux tétines et trois boîtes de chocolat car elle voulait commencer un régime. L’après midi, quartier libre : plage, shoping … Elodie, Kevin et Ulciane vont voir les sculptures de sable géantes et ça semble vraiment impressionnant d’après le récit de Kevin. Par contre, ils arrivent trop tard pour visiter le Passat. Vers sept heures et quelques, tout le monde revient au bateau, ce n’est pas trop mal, il y a moins d’une heure de retard. On profite d’avoir de la main d’œuvre pour  changer une nouvelle fois de place. Il faut qu’on intervertisse notre position avec le bateau derrière nous, pour une sombre histoire de messe. Pour le repas du soir c’est haricots verts, purée, restes de tartes et steak hallal, Fahim et Nassera sont aux anges, c’est leur premier bout de viande depuis un bon moment. Eva mange avec nous comme il est de coutume pour tout agent de liaison de la Tante Fine. Le Norden arrive dans la soirée et par le plus grand des hasards, il vient à couple de nous. Mais pour lui aussi, la place n’est que provisoire car comme il n’a pas fait la course Riga-Travemünde, il n’est pas le bienvenu pour l’organisation de la Cutty.  

n Jeudi 21 Août

Ce matin, c’est grand nettoyage. Après le petit déjeuner, on conseille d’attendre pour la douche et de faire le boulot d’abord. Ca se passe plutôt bien, même si c’est toujours les mêmes qui sont volontaires et les mêmes qui tirent un peu au flanc. Comme à l’habitude, Maud et Nassera sont à la lessive, un tee shirt, un pantalon et des sous vêtements pour la parade (certains voudraient tout laver pour économiser de la peine à leur maman, noble sentiment, et d’autres pour économiser l’eau et l’électricité, plus matériel). On fait le ménage aujourd’hui parce que demain tout le monde sera là et que l’on peut penser qu’il sera difficile de demander un effort supplémentaire. Ca se passe dans la bonne humeur (presque). A midi le bateau ressemble enfin à quelque chose. Ce n’est pas parce qu’on à vu pire qu’il faut rester moyen. Après le repas, balade et rencontres. C’est une journée calme et chacun pense déjà à demain qui sera le dernier grand jour. En fin de journée, captain’s réception à Lubeck. Ca ne fait pas honneur à la ville (un cube de fromage et un verre de vin) et certains capitaines allemands viennent s’excuser de la maigre prestation de leur cité. Marmotte et Asterix en profite pour rencontrer le représentant du Consul avec son épouse. Il sont sympas et semblent intéressés et transmettront au Consul qui, bien sur, n’a pas le temps de passer à bord. Ce n’est pas grave !

 

 

n Vendredi 22 Août

Le réveil est toujours aussi dur, mais il faut s’activer parce que les autres vont arriver et qu’on à inscrit 2 équipes au sport (une au beach soccer et l’autre au beach volley). Les escales précédentes, on en a inscrit, mais personne n’y est allé, ils sont partis sans rien dire 5 minutes avant l’heure de rendez-vous. En fait, les arrivants (avec une tonne de matériel pour faire du bruit) sont à peine là qu’ils partent. Djeloul aide Maud, Elodie et Marmotte à préparer des salades composées pour environ 35 personnes. On ne sait jamais, il peut y avoir des invités de dernière minute. A mon avis, il y en aura trop, mais… L’organisation de la Cutty a manifesté le désir de récupérer le trophée à 16h, puis à 15h 30, finalement ce sera à 19h, après la parade. Le repas de midi se fait sous forme de buffet et ceux qui arrivent prennent la place de ceux qui ont fini. Il faudra quand même nettoyer tout ça et on pourra compter sur les valeurs sûres pour le faire. C’est un peu la panique à bord, les copains qui vont et viennent, les journalistes, les uns, les autres… On finit par se mettre en route pour rejoindre le point de départ de la parade. Ca fait un gros groupe et presque tout le monde porte un tee shirt de la Tante Fine. Un paquet de djembes, de darboukas, deux caisses claires, un saxo, une corne de brume, un didjeridou (on ne sait pas encore s’en servir) et plein de trucs pour faire du bruit, ça va donner. L’ordre de la parade nous met derrière Stat Amsterdam, donc on obtempère, mais, rapidement ça devient n’importe quoi. On se retrouve vers la fin du cortège, suivis par des Polonais aux sifflets stridents. Ils finissent par nous doubler et c’est très bon pour les oreilles. On ne peut pas dire que l’on soit une formation musicale de premier ordre mais on fait l’effort. Ca danse, ça joue, ça bouge, c’est vivant. On s’arrête aux terrasses des cafés pour jouer et on repart en courant pour rattraper les autres (même François court en tenant son portable dans la poche de sa chemise et Tyrane essaie d’attraper les fesses de celui qui est devant). On arrive sur le terrain pour la remise des prix. On doit attendre parce qu’une Ministre est en retard, ça permet aux nôtres d’aller se défouler à l’avant scène. Tout rentre dans l’ordre et commence la distribution des récompenses. C’est en anglais et peu comprennent mais félicitent sans distinction les vainqueurs (surtout quand c’est un bateau ami). Passent les prix, même celui de la meilleure parade, et rien pour nous. Je n’étais pas devant la parade mais je me demande ce qu’on pu faire les autres pour faire mieux. Vient le moment du trophée, et c’est pour….. Mir, le russe, et beaucoup chez nous sont contents. On n'a pas gagné, mais le vainqueur nous semble bien choisi, comme les années précédentes. On est peut être derrière mais il n’y a qu’un gagnant. Retour au bateau ou le gratin de la STI arrive pour récupérer le trophée. Petite cérémonie, on nous remet une plaque gravée et notre pavillon de vainqueur. Le temps de l’envoyer, le trophée a disparu, même pas le temps d’un dernier baiser. Il faut débarquer les sacs et les mettre au camion. C’est pas le meilleur moment mais il faut bien. Bien sûr il manque Abdoulaye. Ces deux derniers jour, il se lâche, mais pas pour le meilleur... Il finit par partir sans les félicitations du jury... Surprise, il manque un Traffic, parti à la fourrière. Encore des ennuis pour François (il est celui qui parle allemand). Dans le désordre, tout le monde part à la Crew’s Party. Rendez vous au bateau à 1h30. De toutes façon la fête doit finir à 1h. On a reçu, à notre arrivée, un courrier stipulant que suite à certains problèmes à Riga, les règles seront désormais plus strictes.   

 

C'est le 22 août 2003 que s'arrête ce Journal de Bord des jeunes qui ont participé à l'aventure de la Cutty Sark 2003. Depuis, que s'est il passé ?

  

Le 21 août, les groupes de navigation 1 (juillet) et 2 (août) se sont retrouvés à Lübeck-Travemünde (Allemagne). Les jeunes étaient heureux de se retrouver et d'avoir les dernières nouvelles de la course. Les 2 équipages de la Tante Fine sont ensuite partis au Tournoi organisé sur la plage. Au programme : beach soccer (sorte de football), beachvolley et épreuve d'athlétisme. 

Le soir, après les ultimes préparations (notamment pour le djembé), les jeunes ont participé à la Crew Parade. Comme lors de chacune des 4 grandes étapes qui ont marqué la course, ils ont défilé pendant 1h30 dans les rues de la ville. L'ambiance à chacune des étapes était un peu celle que nous avons connu lors de l'Armada : pendant 4 jours, tous les équipages des 87 voiliers participants à la course se retrouvaient dans les villes d'accueil où, chaque fois, le public était très nombreux.

La remise des prix à eu lieu le soir. Cette année, la Tante Fine n'a pas remporté LE trophée Cutty Sark mais a eu de nombreux prix dont :

- 2 prix (sur les 3 décernés) pour la Crew Parade qui était attribué à l'équipage qui mettait la meilleure ambiance lors des escales.

- 1 prix (sur les 2 décernés) pour "le plus long cuisinier en mer" avec 6 jours.

Le Trophée Cutty Sark, qui avait été remporté par la Tante Fine en 2002, a été cette année, décerné au Mir (bateau sur lequel ont voyagé pendant plusieurs jours trois de nos jeunes).

Pour le voyage retour Travemünde-Dieppe, la Tante Fine a accueilli à son bord un nouvel équipage de jeunes adultes.

n Le 31 août

Les jeunes qui avaient regagné leurs familles s'étaient donné rendez-vous le 31 août à Dieppe pour un dernier voyage sur la Tante Fine. Les 20 jeunes se sont donc retrouvés à 8h et ont pris la route pour Fécamp.  A 15h, ils ont été accueillis par leurs familles et leurs amis qui les attendaient sur le quai pour fêter le retour du voilier. Les officiels des différentes villes étaient également présents (Fécamp,  Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Louviers, ...) mais également le président de Région, Alain Levern. M. Masson, 1er adjoint au Maire de Saint-Aubin, a félicité les jeunes pour "ce périple en mer baltique de 55 jours, une véritable épreuve de découverte : découverte du monde, bien sûr mais surtout, connaissance de soi, de la vie communautaire et sociale, de l'organisation et de la maîtrise de soi". Il est vrai que cette journée, les jeunes l'ont attendue avec impatience : une très bonne entente a marqué leur aventure commune. Dans l'exiguïté des quelques mètre carrés où ils ont vécu pendant plusieurs semaines, des liens d'amitié forts se sont créés. 

Les jeunes ont également vivement remercié l'équipe de la Tante Fine notamment François Charbonnier, directeur des voiles de l'espoir, Astérix et également tous ceux qui à terre ou en mer (élus, familles, chefs de projets et animateurs, équipes municipales, presse, ...) leur ont permis de vivre cette expérience exceptionnelle.

n Et après...

Mais, cela ne s'arrêtera pas là : la Cutty Sark aura d'autres retombées : pour Abdoulaye, c'est un nouveau départ très prochainement en Espagne où il fera de l'animation dans le cadre du SVE (Service Volontaire Européen). Pour Amadou, ce sera un départ vers l'Angleterre : la maîtrise de l'anglais lui est apparue comme essentielle lors de ce périple et il souhaite pouvoir avoir une expérience de travail à l'étranger. 

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Pour laisser un message aux jeunes : info@lesvoilesdelespoir.org

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Pour plus de renseignements sur le projet, vous pouvez contacter le Point Virgule par e-mail à : point-virgule4@wanadoo.fr