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Le
passé industriel de Saint-Aubin-lès-Elbeuf
L’histoire
de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et de son développement est indissociable de son
passé industriel, fortement marqué par l'industrie textile. Les traces de ce
passé disparaissent peu à peu avec la destruction des cheminées des usines, témoins
de cette époque.
Le
présent document a été construit à partir de sources provenant
principalement du Ministère
de la Culture et de la Société d'Histoire d'Elbeuf mais également à
partir des témoignages de Saint-Aubinois qui, en faisant partager la
richesse de leurs souvenirs, ont permis de retracer l’évolution des
industries sur le territoire communal. Les informations sont donc précises dans
certains cas, plus vagues dans d’autres cas en fonction des données recueillies.
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ZIG
ZAG (1912-1922) -
Soie Artificielle (1923-1930) - Rhône Poulenc - Aventis / BASF
Usine
à papier à cigarette Zig Zag, puis usine de fibres artificielles et synthétiques
de la Société nouvelle de soie artificielle puis Société des textiles
artificiels de Besançon, actuellement usine de produits pharmaceutiques,
phytosanitaires et organiques de synthèse Rhône Poulenc
Usine
ZIG ZAG (1912-1922)
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Cette
usine fut construite rue de Verdun en 1912-13 pour y fabriquer le papier
à cigarette de la marque Zig Zag. Occupée durant la guerre, l'usine
entre en activité en 1919 et ferme brutalement en 1922.
Il
reste peu de traces de son passage à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Les plus
anciens Saint-Aubinois se souviennent tout de même de sa cheminée,
"la plus haute de toute l'agglomération elbeuvienne" qui fut détruite
en 1940 par les Allemands. Comme on peut le voir sur la carte postale,
l'usine était de taille importante. D'autres témoignages portent sur
"ses murs d'enceinte qui avaient une forme de zig zag".
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En
1923, l'usine à papier à cigarette dispose de 8 chaudières Piedboeuf, d'un
turboalternateur de 200 kw et d' une cheminée de 60 mètres. Elle compte alors
196 employés, dont 127 femmes.
Soie
Artificielle / Société des Textiles Artificiels de Besançon (1923-1930)
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Entre
1923 et 1930, l'usine est rachetée par la société nouvelle de Soie
Artificielle qui devient la société des Textiles Artificiels de Besançon,
spécialisée dans la fabrication de la viscose.
Communément
appelée "La soie", cette entreprise était spécialisée dans
la filature de la soie artificielle et dirigée par MM. Strohl, Schwartz
et Cie. Son existence fut éphémère. De l'époque où elle fonctionnait,
il reste un ponton donnant sur la Seine, appelé "Ponton de la soie".
Il est dit dit que "c'est par-là que les marchandises arrivaient et
repartaient". Apparemment, la cessation de l'activité serait due au
fait que "la dureté de l'eau ne convenait pas à la fabrication de
la soie".
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Rhône-Poulenc
(1946-2004)
En
1946, dans le cadre de la politique de décentralisation industrielle, Rhône-Poulenc
rachète l'intégralité du site désaffecté pour y développer son secteur
phytosanitaire qui produit notamment des désinfectants de semences, et des
inhibiteurs de germination. En 1951, un atelier de fabrication d'intermédiaires
pharmaceutiques est créé, puis en 1952 un atelier de fermentation et d'extraction de streptomycine (antibiotique). En 1959, l'usine est dotée d'une
chaufferie, d'une station d'épuration, de vestiaires et d'une cantine. En 1960,
une unité de produits pour caoutchouc est mise en place, suivie en 1962, du
contrôle analytique. En 1966, commence la production de vitamine B12 qui représente
20% de l' activité du site. Dans les années 1970, l'usine se lance dans la
production de pénicilline, puis de l'iprodione. En 1985, l'usine est modernisée
pour répondre aux normes Seveso, c'est alors le premier producteur mondial de
vitamine B12. En 1992, son chiffre d' affaires atteint 705 millions de francs,
76% de la production sont exportés. A partir de 1963, le secteur biochimie de
l'établissement est équipé du plus gros fermentateur français d'une capacité
de 147m3. En 1993, elle employait plus de 800 employés dont 53% d'ouvriers et
28% de techniciens.
Séparation
du site : Aventis - BASF (2004)
BASF est le troisième
producteur mondial de produits pour la protection des plantes avec un chiffre
d’affaires de 3,2 milliards d’euros en 2003 dans ce domaine. Le
14 février 2004, BASF a pris, dans le cadre de l’acquisition du Fipronil cédé
par Bayer, possession du site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (production de
substances actives : insecticides et fongicides).
La
société Rhône-Poulenc Biochimie (RPB), filiale d’Aventis Pharma, est restée
exploitante du site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf après l’absorption par Bayer
CropScience des activités protection de cultures d’Aventis en 2002. La
production des substances actives Fipronil, Iprodione et Triticonazole a ainsi
continué d’être assurée par Rhône-Poulenc Biochimie.
A
la suite de l’acquisition mondiale de ces substances actives par BASF, une séparation
du site par type d’activité a été convenue entre RPB et BASF. Après
plusieurs mois de travail et en date du 14 février 2004, le projet de séparation
est arrivé à son terme : la totalité des actifs de la partie Agrochimie relèveront
de la responsabilité de BASF. 309 collaborateurs de Saint-Aubin ont ainsi
rejoint BASF Agri Production qui reprend également 16 des 34 hectares de la
surface du site.
Enfin,
certaines infrastructures d’Elbeuf seront réparties entre les deux sociétés.
Afin d’assurer le bon fonctionnement du site, les deux entreprises
exploitantes ont conclu des accords croisés de prestations de services.
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L'imprimerie
Allain - Sofiac - Imprimalog (1940)
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Fondée
en 1881 à Elbeuf, les ateliers et les magasins sont totalement détruits par
les Allemands en 1940. Un terrain de compensation leur est alors alloué par
l'Association syndicale de remembrement d'Elbeuf. Ce terrain est situé sur la
commune de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en face de la gare et dans un quartier
industriel.
Jean
Allain, gérant de la SARL Allain Frères, décrit en ces termes son activité:
"La Société ALLAIN Frères exploite une entreprise d'imprimerie (avec
machines à composer et clicherie), de papeterie et de transformation de papier
(sacs, sachets, enveloppes, boites et cartonnages). Elle utilise à cet effet
des papiers et cartons comme matière première. |

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Elle emploie des
encres à base de vernis, d'huile de lin ou d'aniline, qui lui sont fournies prêtes
à l'utilisation. Elle se sert de caractères typographiques, ainsi que de
lignes composées mécaniquement et de clichés stéréotypiques (ou de
caoutchouc) d'alliage de plomb, d'antimoine et d'étain, d'usage courant en
imprimerie."
L'entreprise
Allain fusionne en 1972 avec Sofiac dont le siège était à Paris. La reprise
de cette société en 1996, par le groupe Berger-Levrault d’origine nancéenne
a entraîné, la même année, la création de Sofiac Normandie.
En novembre 2000,
Sofiac Normandie est rachetée par son dirigeant, Benoît Wattel, aidé par deux
associés et la participation de la société Financière de Développement Elbeuvien
(FIDELB).
Au 1er janvier 2002, la société prend le nom d'ImprimaLog. Cet
imprimeur-logisticien, est spécialisé dans la gestion globale des imprimés et
emploie 60 personnes. |
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Le
Peignage (1920) - Le Tissage Elbeuvien (1936) - Wasson (1943-1960)
Cette
entreprise fabriquait des tissus de grande qualité. L'usine comprenait deux
cheminées. D'après les témoignages, "dans le fond de sa cour,
l'entreprise Wasson avait accueilli pendant la guerre de 1914-1918 les établissements
Prouvost, du Nord de la France, qui avaient été contraints à l'exil à la
suite de la destruction de leurs bâtiments. A la fin de la guerre, ils auraient
regagné leur région d'origine."
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Cette
filature de laine fut construite dans les années 1880 pour la société
anonyme le Peignage (siège social à Roubaix). Vers 1920, un bâtiment
mixte à usage de bureau et d'atelier de fabrication est adjoint au site
initial. Le 27 juillet 1922, la société obtient l'autorisation de
construire un atelier de lavage de la laine par bains de savon et de
soude.
En
1936, l'usine, rachetée par le Tissage d'Elbeuf Saint-Aubin SARL, est
reconvertie en tissage de laine. En 1943, le tissage est reprise par la
SARL Victor Wasson jusqu'à sa fermeture dans les années 1960. L'usine
fut morcelée en de nombreuses parcelles.
Le
site est aujourd'hui occupé par le parc d'activité Wasson, comprenant
des activités industrielles et commerciales diverses. |

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Filature de laine Saus et
Cie - le Carbonisage
Elbeuvien s. a. (1921-1660)
En 1921, la société anonyme le Carbonisage Elbeuvien rachète la filature
Saus et Cie construite à la fin du 19ème siècle, installée
à l'angle des rues de Verdun et du Maréchal Leclerc. En 1922, elle fait construire
un atelier de lavage et de carbonisage de la laine. Le
Carbonisage Elbeuvien traitait la laine pure de mouton. Le lavage s'effectue dans
des bains de savon et de soude, le carbonisage des impuretés dans une préparation
à base d' acide sulfurique.
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Certains
Saint-Aubinois témoignent du procédé de carbonisage: "La
laine arrivait sous forme de balles. Elle était dégraissée. Pour cela, on la
laissait tremper un certain temps dans un mélange d'eau et d'acide sulfurique
puis elle passait dans une essoreuse. Quand la laine était bien essorée, les
femmes envoyaient la laine avec un "loup" sur un établi où elle était dépaillée.
Elle était ensuite broyée par une machine qui battait la laine afin d'enlever
les dernières impuretés. La laine ainsi nettoyée partait ensuite pour être
utilisée sous cette forme ou pour être affinée, par exemple dans l'entreprise
voisine, le Cardé Elbeuvien" .
L'entreprise, qui employait essentiellement du personnel féminin, a fermé ses
portes dans les années 1950. La cheminée fut détruite le 11 février 2002
dans le cadre de l'aménagement de l'Espace
des Foudriots.
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Le
Carde Elbeuvien (1925-1961)
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L'usine
Le Carde Elbeuvien a été ouverte en 1925. Elle était située à côté
du Carbonisage Elbeuvien, sur l'emplacement de l'actuelle surface
d'alimentation Europa Discount. L'usine filait de la laine cardée. Madame Paulette
Pinchon, comptable au Cardé elbeuvien, se souvient du travail dans les
ateliers: "La laine était directement livrée par l'entreprise
voisine, le Carbonisage Elbeuvien. Le travail consistait à transformer la
laine. Les ateliers comprenaient des métiers pour filer la laine. La
laine repartait sous la forme de canettes et de bobines. Elles étaient
expédiées dans le Nord de la France, à Roubaix et à Tourcoing dans les
usines de textile. Les dirigeants de l'usine étaient belges. 120 à 150
personnes travaillaient dans l'usine, essentiellement des femmes."
L'entreprise
a fermé en mars-avril 1961, victime de la crise du textile. |
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Filature
Lecerf (1880-1950) - Sofesa / Hypertac (1961 - ...)
Filature,
tissage et usine d'apprêt des étoffes de laine Henri Lecerf, puis Maurice
Lecerf, puis société en nom collectif Lecerf et Cie, puis câblerie Sofesa SA
puis Hypertac SA
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C'est dans
les années 1880 qu'est édifiée pour Henri Lecerf cette usine de
nouveautés. Située à la "Pointe à Jojo", (31, rue Isidore
Maille), cette entreprise était spécialisée dans le "drap
nouveauté". Ce
drap, de grande qualité, était notamment utilisé pour les tables de
billard. Comme dans les
autres entreprises textiles de l'époque, la majorité des employés était
des femmes.
En 1920,
son fils, Maurice Lecerf lui succède. En 1921, il fait construire un
atelier en shed à usage de filature. En 1930, Henri Lecerf, petit-fils du
fondateur, prend la tête de la société qui devient cinq ans plus tard
la société en nom collectif Lecerf et Cie. En 1936, l' usine compte 270
ouvriers, dont 72 sont affectés au tissage.
Après le dépôt
de bilan à la fin des années 1950, l'usine est reconvertie en câblerie
(connecteurs électriques pour les industries aéronautiques et
ferroviaires) par la société anonyme Sofesa (FRB Connectron) créée en
1961. Un atelier de fabrication est édifié en 1970. En septembre 2000,
la société prend le nom d'Hypertac SA et emploie près de 200 personnes. |
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Madame
Talbot se souvient du travail en atelier : "Je suis rentrée chez
Lecerf en 1932. J'étais apprentie rentrayeuse. Le travail consistait à
refaire le tissu à l'identique, c'est à dire à estomper les traces éventuelles
d'erreur dans le tissage en remplaçant un fil cassé, en démêlant un nœud,
etc. Dans l'atelier, différents "métiers" se cotoyaient, avec
un vocabulaire bien spécifique pour chaque étape. Les différentes
usines se prêtaient du personnel en fonction des besoins. C'était ce que
l'on appelait "l'estoupage". J'ai ainsi été "prêtée"
à l'entreprise Fouart pour faire là encore du rentrayage. Il était également
courant d'emporter chez soi du travail pour compléter le salaire." |

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Filature
Canthelou - Fouard SARL - Sufren - CAQ
(fin XIXème - ...)
Filature de
laine Georges Canthelou, puis usine d'apprêt des étoffes Raymond Fouard s.a.r.l,
puis usine d'ébénisterie du Consortium français des meubles Sufren,
actuellement centre d'activités du Quesnot
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Cette
filature de laine cardée fut construite à la fin du 19e siècle par
Georges Canthelou. En 1920, un nouveau bâtiment à usage d'atelier de
fabrication et bureaux avec salle des machines et chaufferie attenante est
édifié. En 1938, la filature est rachetée par la s.a.r.l. Raymond
Fouard et transformée en usine d'apprêt des étoffes. Le site est alors
agrandi sur la rue Hédouin Heullant où est construit un atelier de
presse et de décatissage.
"Les
entreprises Fouart comprenaient deux usines, celle de Gaston Fouart et
celle de Raymond Fouart, deux frères. Ils étaient spécialisés dans le
bobinage, le tissage et la cardé. Deux qualités de laine sortaient de la
production : la laine peignée (pure laine, de grande qualité) et la
laine cardée (basse qualité). Les femmes étaient là aussi employées
en grand nombre."
Les établissements
Fouard ont fermé à la fin des années 1960. |
En 1976, les bâtiments
construits le long de la rue du Quesnot sont rachetés par le Consortium Français
des meubles Sufren et transformés en usine d'ébénisterie. Le reste de l'usine
est désaffecté.
En 1987, après
la fermeture de l'usine d'ébénisterie, la municipalité fait l'acquisition de
la totalité de l'usine avec pour objectif la réhabilitation des lieux pour établir
un centre d'activités industrielles attractif : le Centre d'Activité du
Quesnot.
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Usine
des Tramways (1898-1913) - Imprimerie
Denape - Manopa (MAnufacture NOrmande de PApeterie) (1933-2001)
Usine
des Tramways (1898-1913)
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Dès
1872 naît le projet d'un vaste réseau de communication suburbain à
vapeur. Celui-ci sert de base à la construction d'un réseau électrique
de petite envergure qui fonctionne de 1898 à 1926, alimenté par une
usine située à Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng. Le
26 mai 1895, c'est l'inauguration, dans la liesse générale, de 4 lignes.
Le
dépôt de tramway d' Elbeuf fut construit (rue Nivert et Saint-Louis) en
1898, année de la mise en circulation des premières motrices
électriques qui allaient circuler sur les quatre lignes, soit plus de 9
km, constituant le réseau de tramway d'Elbeuf. Au plus fort de son
activité, le parc de traction a compté jusqu'à 15 motrices et 8
remorques. |
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[28
octobre 1898 : déclaration d'utilité publique pour une durée de 50 ans.
9 août 1899 : ouverture au
public d'une courte section menant du Calvaire (devenue place François
Mitterrand) à la gare d'Elbeuf-ville. 9
septembre 1902 : constitution de la Société des Tramways Electriques
d'Elbeuf (S.T.E.E.»> (Extrait du bulletin no36 de la Société de
l'histoire d'Elbeuf).Juin
1913 : fermeture de l'usine de Saint-Aubin. Le réseau est alimenté par
l'usine de Grand-Quevilly.]
De
déboires en déficit, l'activité des tramways cesse en janvier 1926. Les
employés et le matériel sont abandonnés. La cheminée restera longtemps
après la disparition de l'usine. Monsieur Parmentier se souvient d'une
anecdote à ce sujet : "Pendant l'occupation allemande, il était
interdit de fêter le 14 juillet. C'est ainsi qu'une année, un 14
juillet, pour braver les allemands, quelqu'un a accroché un drapeau français
tout en haut de la cheminée." |

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Les
locaux seront par la suite occupés par un ferrailleur, puis par une entreprise
de papeterie.
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En 1894,
la Compagnie Générale de Traction suggère à la municipalité d' Elbeuf
la mise en place d' un réseau de tramway électrique. Le projet réalisé
en 1895, est soumis à l' enquête d' utilité publique le 25 février
1896. Il prévoit la construction de quatre lignes divergeant toutes de la
place du Calvaire à Elbeuf, soit un réseau de 9280 m de voie. La
première ligne, partant de la place du Calvaire gagnait à l' ouest la
commune d' Orival son terminus, soit 3265 m de voie. La seconde, partant
de la même place desservait à l' est les communes de
Caudebec-lès-Elbeuf et de Saint-Pierre-lès-Elbeuf son terminus, soit
3670m de voie. La troisième reliait au nord la place du Calvaire à la
gare de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, via la rue de Paris et la rue de la
République, soit 1800m de voie. La quatrième enfin faisait la liaison
entre la place du Calvaire et la gare d' Elbeuf ville, au sud, soit 545m
de voie. Bien que la déclaration d' utilité publique ne soit pas encore
promulguée, la Compagnie Générale de Traction commence les travaux en
juin 1897. En novembre, la quasi-totalité de la voie est posée. Le 9
février 1898, les premières motrices circulent sur le réseau. L'
inauguration officielle du tramway à lieu le 26 mai 1898, est invité
pour l' occasion M. Dupuis-Dutemps, ministre des Travaux publics. La
déclaration d' intérêt public intervient finalement le 28 octobre 1898.
Le réseau est desservi par des motrices classiques de la Compagnie
Générale de Construction. Mues par 2 moteurs de 25 cv, elles pouvaient
accueillir six passagers en 1ère classe, 12 en 2ème classe et 10 sur
chaque plate-forme d' extrémité. Des remorques couvertes, à bancs
latéraux de 50 places étaient attelées à celles-ci aux heure d'
affluence. La grande ligne est-ouest, soit les lignes 1 et 2, reliait
Orival à Saint-Pierre-lès-Elbeuf en 32 mn, et la ligne nord-sud dite
ligne des gares, soit les lignes 3 et 4, joignait les stations d' Elbeuf
et de Saint-Aubin-lès-Elbeuf en 12 mn. la fréquence des navettes était
respectivement de 20 et 12 mn. En 1899, le tramway d' Elbeuf a transporté
près de 1450000 passagers. Malgré ce début prometteur, le tramway
connaît rapidement une situation financière déficitaire, due à une
mauvaise exploitation, retards, déraillements et accidents multiples
souvent mortels. Le changement de compagnie, la Société des Tramways
électriques d' Elbeuf étant reprise en 1906 par la Compagnie Centrale de
Chemin de fer et de Tramways, ne modifie en rien la situation. Au
contraire, celle-ci se dégrade encore durant la première guerre
mondiale, lorsque la compagnie procède au recrutement d' un personnel d'
occasion, mal formé. En février 1919, pour enrayer le déficit engendré
par la chute du trafic, l' exploitation du tramway est placé sous régie
municipale. C' est encore l' échec. Les lignes, concurrencées par les
services routiers, ferment définitivement le 8 janvier 1926 alors que les
employés sont en grève. |
Centrale
électrique d'Elbeuf : Attenante au dépôt de tramway, cette centrale est
construite en 1898 pour alimenter les motrices du réseau. Elle assure
également l'alimentation des industries et des particuliers de
Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Pour cela, elle est dotée de trois chaudières
semi-tubulaires de 120m2 de surface de chauffe qui alimentent trois machines à
vapeur Corliss-Garnier pouvant débiter 182 ampères sous 550 volts. Après sa
fermeture en juin 1913, le réseau de tramway est alimenté par l'usine
électrique de Grand-Quevilly. Cette usine aujourd'hui détruite, comprenait une
chaufferie, une cheminée d'usine, une salle des machines et une salle des
convertisseurs.
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Imprimerie
Denape - Manopa (MAnufacture NOrmande de PApeterie) (1933-2001)
En
1928, les frères Alfred et Robert-Marcel
DENAPE fondent la SARL DENAPE, une entreprise modeste d'une dizaine d'ouvrier à
Caudebec-lès-Elbeuf.
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Spécialisée
dans la reliure de livres et le "drap copié" (système
précurseur de la photocopie), la société prospère et vient s'établir
à Saint-Aubin, rue Saint Louis dans les anciens locaux de la compagnie de
tramways, en 1933. En 1937, la société Denape & Cie devient la
SARL MANOPA et s'oriente vers le papeterie (fournitures scolaires et de
bureau). La société devient l'un des leader français du secteur et
emploie dans les années 1960-1970 jusqu'à 300 personnes. L'usine
s'étend jusqu'à la rue Paul Bert, sur une superficie atteignant 10 000
m2. |
Les
événements de mai 1968 marquent un tournant pour la société. La recherche de
repreneurs commence en 1969. Les effectifs en baisse, la perte de marché en
Afrique, la concurrence de la Belgique auront raison de Manopa. En 1994, la
société passe aux mains du groupe allemand Herlitz. L'effectif tombe à 60
personnes. Les activités d'imprimerie et de transformation du papier sont
abandonnées : la société n'est plus qu'un dépôt pour emballage et
expédition. La société ferme ses portes en décembre 2001.
Résidence de l'Hôtel de Ville
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Les locaux,
laissés vacants, entrent dans le cadre de l'étude
urbaine. La
reconversion de la friche industrielle débute en 2002. L'Etablissement Public de
la Basse Seine se rend acquéreur du terrain pour le compte de la municipalité.
En 2005, un projet de construction de logement est déposé par le bailleur social
Habitat 76 avec le soutien de la municipalité.
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Deux phases de
constructions sont définies, de part et d'autre de la nouvelle voie : la
chaussée urbaine démontable est une première mondiale. Les travaux de
construction de la première phase démarrent en 2008 avec la construction d'un
petit collectif de 22 appartements et 17 maisons de ville en location et en
accession. Les travaux se terminent à l'été 2010. |
| L'opération se poursuit de
l'autre côté de la rue à partir de juin de 2010 : cette deuxième tranche
comprendra 11 maison en location / accession. |
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Visionner le diaporama sur l'historique de la reconversion du site
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Filature
Roze (1871-1889) - SA Chedville & cie (1889-1920) - Poullot, Moch et Odelin
(1920-1926) - SA Schacht & Cie (1926-1955) SA Dragées de France (1955-1970)
- Diffusion N°1 (1990-2001)
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La
filature de laine, édifiée en 1871 par Aimable Roze, se compose initialement
d'un atelier de fabrication édifié le long de la rue de Strasbourg. En 1889, l'usine est rachetée par la
SA Chedville & Cie. Vers 1900, un
atelier de fabrication, un bureau, un magasin industriel et une conciergerie
sont adjoints au bâtiment d' origine.
En 1920, le site est repris par la société Poullot Moch et Odelin. En 1922, l' un des ateliers de fabrication est
agrandi au nord pour y développer l'activité de peletonnage. Cette même
année, six pièces de séchage sont édifiées dans la cours de l' usine.
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En
1926, la filature est rachetée par la société anonymes des établissements
lainiers Henri Schacht et Cie. L'établissement fabrique alors de la laine à
tricoter dont les pelotes sont vendues aux particuliers directement dans les
locaux de l'entreprise ou expédiées dans les magasins.
Après la fermeture de la filature en 1955, le site est racheté par la
société anonyme Dragées de France qui emploie plus de 2000 ouvriers et converti en
confiserie. Cette activité a perduré jusqu'en 1970. La société est vendue en
1969 aux éditions Rombaldi, spécialisées dans la vente par correspondance. En
1990, la société de routage Diffusion N°1, reprend l'activité avant de se
délocaliser en 2003 dans de nouveaux locaux, à Criquebeuf sur Seine. Les
bâtiments, inoccupés depuis 2003, entrent dans le cadre de l'étude
urbaine.
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Filature
Emile Nivert (1894-1917) - Nivert & Cie - Nivert & Bourgeois (1917-1933)
- Elie Plasse (1933-1940) - Sémajor (1940-1950) - Gilbert Blanzy Poure - Conté
SA (1950-1999)- Rémiplast (-2001)
Filature
de laine Emile Nivert, puis Nivert & Cie, puis Nivert et Bourgeois, puis
filature et tissage de coton Elie Plasse
Cette
filature de laine cardée est édifiée en 1894 par Emile Nivert, fabricant de
drap à Elbeuf. En 1917, la filature est rachetée par la société commerciale
en nom collectif Nivert et Cie. L'établissement comprend alors un atelier de filage de laine grasse et
de cardage, un atelier de louvetage avec une salle des machines et une
chaufferie attenantes, un bâtiment à usage de bureau et de conciergerie, un
magasin industriel avec cave à charbon, une cheminée en brique, un logement,
des écuries et un hangar et cour. En 1933, l'usine alors propriété de la
société Nivert et Bourgeois est louée à Elie Plasse, industriel à Cours (Rhône)
qui la transforme en filature et tissage de coton spécialisés dans la
fabrication de wassingues et torchons fabriqués à partir de déchets de coton
secs ou gras et d' effilochés.
Sémajor
(usine de crayons à mine de graphite), puis Gilbert & Blanzy Poure, Conté s. a.
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En janvier 1940, l' usine de crayon à mine de
graphite Sémajor (créée
à Givet, dans les Ardennes, en 1836) est transférée
à Saint- Aubin-lès-Elbeuf, dans l' ancienne filature réquisitionnée. La vente est réalisée le 2 juillet 1941. En août 1944, l'usine est incendiée par un bombardement aérien. La
reconstruction des bâtiments en béton armé prendra fin en 1953. En 1950, l' usine est rachetée
et presque entièrement reconstruite par la société Gilbert Blanzy Poure.
De
1940 à 1960, l'usine de Saint-Aubin produit des crayons graphite et couleur en
bois. En
1960, le site se spécialise : Saint-Aubin devient la seule usine en France à ne
faire que du crayon graphite et des mines dessinateurs.
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Jusqu'en
1952, l'effectif est d'environ 200 personnes pour une production de 100 000
crayons par jour. La fabrication des planchettes à partir des bois locaux
(tilleul) arrivant en grumes se fait sur le site. En 1967, l'usine occupe une
superficie de 20 000 m2 et emploie 250 personnes.
Après
cette date, l'utilisation de planchettes de cedar prêtes à l'emploi et
l'automatisation progressive des chaînes de fabrication font diminuer
progressivement le nombre d'employés jusqu'à 100 personnes. En
1983, Conté est repris par la Société Bic. En
1999, l'usine de Saint-Aubin ferme ses portes et est délocalisée à
Boulogne-sur-Mer, berceau historique de la mine.
Rémiplast Une
partie des locaux est actuellement occupée par la société Rémiplast,
spécialisée dans la fabrication et le négoce de matière plastique.
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J.-H.
Pelisse - Pinchard Dey frères - Société de
Construction d'Elbeuf - Société Industrielle des Compteurs et Appareils d'Utilisation du
Gaz - E. Griot SARL - Baille et fils - Ateliers des services techniques municipaux.
Cette usine de
chaudronnerie spécialisée dans la fabrication de cuisinières en tôle et en
fonte fut construite en 1913 par J.-H. Pelisse. A la fin des années 1920, l'usine est
reprise par la société Pinchard Dey frères. Le 1er juin 1934, elle est rachetée
par la société de construction d' Elbeuf. L'établissement comprend alors un
atelier de tôlerie, un atelier de chaudronnerie avec soudure autogène et un
atelier d'émaillage sur métaux. Le 26 novembre 1936, la société de
construction d' Elbeuf fusionne avec la société industrielle des compteurs et
devient la société industrielle des compteurs et appareils d'utilisation du
gaz dont le siège social est à Levallois Perret. Un nouvel atelier de
fabrication est alors construit avec outillage fixe.
En 1948 l' établissement
est repris par la SARL Griot qui l' exploite jusqu' en 1957, puis par la
société Baille et fils. Actuellement cette ancienne usine abrite les ateliers
des
services techniques municipaux.
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Cette
usine de textile occupait les locaux actuels de l'école Maille et Pécoud. Elle
était spécialisée dans le canetage, la fabrication de canettes, qui étaient
ensuite utilisées dans les métiers à tisser. Madame Talbot témoigne :
"Je suis rentrée chez Dubois en août 1932, peu de temps avant qu'ils
ferment. J'étais âgée de 12 ans et demi. Mon père travaillait déjà dans
l'entreprise, dans les bureaux. C'est là que j'ai appris mon premier métier, l'épincetage.
Cela consistait à retirer à la pince à épiler les pailles et autres débris
végétaux qui restaient et qui gênaient le tissage."
Dès
la fermeture de l'usine en 1933, les locaux ont été aménagés en école.
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Teinturerie de
laine Séligmann et Fraenckel
(1880-1955)
Usine de
teinturerie de laine Séligmann et Fraenckel, puis Teinturerie de Saint-Aubin
les Elbeuf SA
Cette usine de
teinturerie de laine construite vers 1880 rue Winston Churchill et dirigée par
Séligmann et Fraenckel était une filiale de la société Fraenckel-Herzog qui
exploitait à Elbeuf une fabrique de draps où étaient réalisés les opérations
de filage, de tissage et d'apprêt. Les balles de laine qui arrivaient étaient
entreposées dans un local face à l'actuel "Château blanc". Le bras
de Seine servait de dépôtoire et de vidange pour la teinturerie. Les bains
colorés, qui servaient à teindre la laine, étaient directement rejetés dans
la Seine.
Vers 1920, l'usine est reprise par la société
anonyme les Teintureries de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, René Fraenckel en reste le
directeur. En août 1922, l'usine est agrandie au sud, sur la rue de la République
par la construction d'un nouvel atelier de teinturerie, d'un atelier de lavage
de la laine, d'une conciergerie, d'un bureau et d'un hangar.
Le bâtiment et sa cheminée, visible de loin, ont été détruits en
1955 pour réaliser la résidence Saint-Gilles.
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Désigné
sous le nom de " la côte à Pelisse", le début de la rue de Freneuse était
occupé par une entreprise qui fabriquait des lessiveuses, des baquets, des
seaux en tôle galvanisée. L'usine du " fils Pelisse" a fermé ses portes
dans les années 60. La cheminée a été abattue à ce moment là.
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Située 18 rue
de la Marne, cette entreprise travaillait les métaux et les alliages par chocs
mécaniques et comprenait des ateliers de chaudronnerie. Elle fabriquait également
de l'acétylène.
Les souvenirs
des Saint-Aubinois sur cette société sont vagues. Les dates de sa création et
de sa fermeture ne sont pas connues par les personnes interrogées.
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Sources - Bibliographie :
n
Ministère de la
Culture - Base Mérimée. (Vous y trouverez de nombreux autres renseignements sur
notre patrimoine.)
n
Revues de la Société d'Histoire d'Elbeuf
n
Témoignages des
Saint-Aubinois.
t
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